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Psycho

Les enfants les plus heureux du monde

Pays du bonheur, le Danemark squatte le top des classements internationaux*. Mais quel est son secret ? C’est la question que Jessica-Joelle Alexander (chroniqueuse américaine mariée à un Danois) et Iben Dissing Sandahl (psychothérapeute danoise) se sont posée en analysant la manière dont les Danois élevaient leurs enfants. Car qu’est-ce qu’un adulte heureux sinon un enfant à qui l’on a appris le bonheur ? Réponses.

 

  1. L’importance du jeu libre

Moins portés sur la performance, moins « obsédés » par la compétition, les parents danois laissent à leurs enfants de nombreux moments de jeu « libre ». Point de cours de guitare, d’entraînement de foot ou d’ateliers culturels à outrance. Au contraire : les enfants danois passent beaucoup de temps à jouer seuls ou en groupe, sans aucune directive, mais en inventant leurs propres jeux, en laissant leur imagination les guider, l’ennui les stimuler… Le Danemark est d’ailleurs l’inventeur du LEGO***, jeu libre par excellence !

De leur côté, les parents n’interviennent que si cela est absolument nécessaire, afin de laisser les enfants se débrouiller seuls et faire leurs expériences par eux-mêmes en se confrontant au réel et au groupe. Le meilleur moyen, selon eux, pour développer la confiance en soi et la résilience** ainsi que le self-control et la coopération.

 

  1. L’authenticité
    Le cinéma est une bonne illustration de ce que les Danois entendent par authenticité : à la différence des films de Disney, les scénarios danois finissent rarement bien. Comme dans la vie, les happy ends sont rares. Aucun pessimisme là-dedans. Mais la conviction que nos difficultés et nos souffrances nous font davantage grandir que nos réussites, développent notre empathie envers les autres et notre capacité à apprécier les petits bonheurs simples de la vie. D’un point de vue éducatif, ce souci d’authenticité est primordial dans la manière dont les parents félicitent leurs enfants. Ils ne vont pas les couvrir de louanges à chaque prouesse (« Quel dessin magnifique ! »), ni se focaliser sur le résultat (« 18 en maths ! Mais tu es super fort ! »), mais plutôt relever les moyens mis en œuvre par l’enfant (« Comment as-tu réussi à dessiner ces nuages ? », « Comment as-tu fait pour obtenir une si bonne note ? ») afin de leur donner les clés pour récidiver et s’améliorer. Si l’enfant a une mauvaise note, ils vont chercher ensemble les moyens de progresser. Nul jugement définitif (« Tu es le meilleur », « Tu es nul »), mais des solutions et la transmission du goût de l’effort.

 

  1. Le recadrage : l’optimisme réaliste
    Au Danemark, le recadrage n’est pas de « remettre » du cadre, mais de « changer » le cadre ! Toute situation délicate, voire catastrophique, peut se transformer en opportunité (Vous êtes dehors et il pleut ? Chouette, c’est le moment de jouer au Monopoly !). Cette « capacité à injecter un point de vue positif » permet aux parents danois d’éviter bien des crises du quotidien. C’est ainsi qu’ils ne réduiront jamais un enfant à un défaut (« il est paresseux »), mais utiliseront un langage constructif qui amènera l’enfant à comprendre quelles sont les causes de ses réactions. De même pour l’erreur : celle-ci n’a rien de négatif, au contraire, car c’est le chemin vers la réussite. Ainsi, ils disent plutôt à un enfant qui peine : « Tu n’as pas encore réussi » au lieu de « Tu t’es encore trompé »…

 

  1. Aucune violence physique, ni verbale

Les parents danois sont autoritaires (il ne faut pas croire que la bienveillance empêche les règles !) mais « réceptifs » : ils exigent de la discipline tout en soutenant et en encourageant leurs enfants. Non seulement ils ne frappent jamais leur progéniture – la fessée est d’ailleurs interdite au Danemark depuis 1977 –, mais ils ne crient que très rarement : leur rôle est de rester calmes et de se maîtriser.

Comment font-ils ? Ils savent qu’il est naturel aux enfants d’avoir des passages difficiles ; ils savent séparer l’enfant de son comportement ; ils savent ne pas s’alarmer de tout et, enfin, évitent autant que possible les rapports de force, cherchant plutôt des solutions « gagnant-gagnant ».

 

  1. Le Hygge : se sentir relié aux autres

Très à la mode, le Hygge**** (se prononce « hu-gueu ») est un mélange d’art de vivre, de convivialité et de philosophie. Les Danois se réunissent très souvent en famille ou entre amis, tissant ainsi tout un réseau de proximité et de relations avec les autres. Et cela de manière toujours bienveillante, loin de l’individualisme ambiant de nos sociétés actuelles.  Le « nous » prend le pas sur le « je », chacun participe au collectif, chacun laisse ses soucis à sa porte et évite de parler mal des autres et aux autres ; les vantards sont rares et l’humilité domine…

 

Bienveillance, absence de jugement, respect, qualité du lien, solutions « gagnant-gagnant » : ces ingrédients rappellent étrangement les bases de « la parentalité positive »…

 

* Chaque année, le Danemark est dans le top 5 (quand il n’est pas 1er !) du Better Life Index (Indicateur du vivre mieux, en français) de l’OCDE et du World Happiness Report (Rapport mondial sur le bonheur, en français).


** Résilience : ce mot désignant au départ l’aptitude d’un corps à résister à un choc a été étendu à l’homme, notamment par Boris Cyrulnik dans son livre « Un merveilleux malheur », qui la définit comme « La capacité à réussir à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d’une adversité qui comporte normalement le risque grave d’une issue négative. »

 

*** Au départ en bois, les LEGO ont été inventés par un charpentier danois en 1932, qui a contracté l’expression « Leg godt » – qui signifie « jouer bien » – en LEGO.

 

**** Le terme « Hygge » vient de l’allemand « hyggja », qui signifie « se penser ou se sentir satisfait ».

 

Visuel du livre « Comment élever les enfants les plus heureux du monde ».

« Comment élever les enfants les plus heureux du monde », de Jessica-Joelle Alexander et Iben Dissing Sandahl, présenté par Isabelle Filliozat, JC Lattès, 16€.

 

État d’esprit « fixe » ou « de développement »

Professeure de psychologie sociale à l’université Stanford en Californie, Carol S. Dweck a cherché à comprendre ce qui faisait qu’un individu réussissait là où un autre échouait. Dans son livre Changer d’état d’esprit : Une nouvelle psychologie de la réussite (Mindset: The New Psychology of Success) publié en 2006, elle classe les individus en 2 catégories : ceux qui pensent que leurs réussites sont fondées sur une capacité innée et ceux qui pensent quelles sont le fruit de l’effort et de l’apprentissage. Les premiers auraient un état d’esprit « fixe » ; les seconds, « de développement ». Or, les individus à l’état d’esprit fixe craignent l’échec car ils ont peur de perdre leur statut et ont associé l’idée de l’effort à un manque d’intelligence, alors que les individus avec un état d’esprit de développement s’en soucient beaucoup moins car ils savent que leurs performances peuvent être améliorées…

 

Commentaires

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