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Le Grand Livres des Bonnes Manières

Taratatam ! Les voici enfin, toutes « nos » Bonnes Manières compilées dans un album coloré. En prime : des petites histoires en rimes pour se motiver à les appliquer, de nouvelles Bonnes Manières en exclusivité et trois affichettes à coller sur les murs. Un collector, c’est sûr !
« Le Grand Livre des Bonnes Manières », illustré par Marie Paruit. Gründ, 12,95€.

Le guide Bubble de la famille

Pour fêter nos 10 ans, voici notre 1er LIVRE SIGNÉ BUBBLE ! Tout frais, tout nouveau, notre mook* de près de 300 pages, vous accompagne au quotidien pour vous initier à la parentalité positive. Clés de communication, exemples concrets, initiatives green et citoyennes, DIY, lectures, printables, sorties… Vous trouverez, au fil des saisons, des idées originales pour partager des moments de qualité avec vos enfants. Inspirant et passionnant !
« Le guide Bubble de la famille », Marabout, 14,90€.

* Contraction de magazine et book

Green

Bonne idée, les carrés potagers d’Oxybul à hauteur d’enfant !

 

Carré potager, Oxybul, 39,99€ ; www.oxybul.com.

La BIG pochette de l’hiver Jessica Das x Bubble Mag

Tu aimes les activités manuelles et tu as envie de t’amuser ? Bubble Mag te propose de découvrir la BIG pochette d’activités de l’hiver créée en collaboration avec l’illustratrice Jessica Das.

Télécharge d’abord la pochette d’activité ICI 
Comment utiliser la BIG pochette de l’hiver ? Demande à tes parents de t’aider à l’imprimer.
Tu vas avoir besoin de matériel différent pour chaque activité, mais tu peux déjà aller chercher tes feutres préférés et ta trousse d’école !

La BIG pochette de l’hiver, c’est quoi ?
Dans cette pochette d’activités tu vas pouvoir t’amuser avec un coloriage, un jeux, un calendrier et pleins d’autres surprises !
Le + : C’est la talentueuse artiste Jessica Das qui a illustré cette jolie pochette avec ses dessins colorés et créatifs !

Se cultiver

Cette nouvelle collection sur le corps humain a le mérite d’être tout à la fois fantaisiste et véritablement scientifique : les enfants, autant que les adultes, enrichissent leur culture avec enthousiasme. Prochains titres sur la respiration, la digestion et les 5 sens : à collectionner !

« 1, 2, 3, on bouge ! – Le squelette », de Françoise Laurent (auteure) et Sé- bastien Chebret (illus.). Ricochet (coll. « Je connais mon corps »), 13,50€.

Faire une pause

Dans cet album aux aquarelles si vivantes, l’auteure nous raconte l’histoire de son matou. Avec des mots simples, Mélodie Baschet réussit à arrêter le temps et à nous replonger dans l’enfance. Un petit livre qui ravira tous les amoureux des chats et convaincra les indécis.

« Hibou », de Mélodie Baschet. Marcel & Joachim, 12€.

Histoire du soir

Mes enfants ont grandi et savent lire désormais. Mais ce n’est pas pour autant que j’ai cessé de leur lire des livres, bien au contraire. La forme, seule, a changé : je choisis des histoires, toujours avec des images, mais à longs chapitres, comme dans cette édition de Vendredi ou la vie sauvage que j’ai adoré enfant. À leur tour maintenant.

« Vendredi ou la vie sauvage », de Michel Tournier (auteur) et Ronan Badel (illus.). Flammarion Jeunesse, 19,90€.

Mémoire de fleurs

Expliquer à mes enfants d’où viennent les choses fait partie des grands bonheurs d’être maman. Tout a une histoire, tout est lié quand on pousse la curiosité. Avec ce livre superbement illustré sur les fleurs venues d’ailleurs (textes à synthétiser, pour ne pas les perdre en route), on voyage, on apprend et l’on comprend.

« Les Voyages parfumés – Petites et grandes histoires des fleurs venues d’ailleurs », de Dimitri Delmas (auteur) et Amélie Fontaine (illus.). Actes Sud Junior, 14,50€.

Un renard à contre-courant

Quelle bonne idée que cette nouvelle collection qui enflamme l’imaginaire des enfants au service des grands défis de notre siècle, comme la surconsommation, les déchets, la pollution de l’eau… Dans cet opus, Renard a cassé son vélo mais n’a aucune envie d’en racheter un autre. Ce qu’il veut : qu’on lui soigne sa bicyclette bien-aimée…

« Renard sauve son vélo », de Fibre Tigre (auteur) et Floriane Ricard (illus.). Rue de l’Échiquier Jeunesse, 12,90€.

La science poétique

Coup de cœur pour la collection « Ohé la science ! » des éditions Ricochet. Au travers d’albums super- bement illustrés, et avec une économie de mots bienvenue, le monde est expliqué aux enfants. Ce qui semblait compliqué devient limpide. Passionnant.

« Le Voyage du pollen – La reproduction des plantes », de Mi- Gyeong Kim (auteur) et Yeong-Rim Lee (illus.). Ricochet, 12,20€

Héroïnes

Après Colorama, je sais déjà ce qui nous attend : ces 100 portraits de femmes qui ont changé le monde, dessinés par autant d’illustratrices et financés par une campagne de crowdfunding (qui a récolté, tenez-vous bien : 1 million de dollars en 12 jours !). Traduit en 33 langues, ce best-seller (qui fait le tour du monde) propose à nos enfants des modèles féminins pour rêver plus grand. Un album militant.

« Histoires du soir pour filles rebelles », de Elena Favilli et Francesca Cavallo. Les Arènes, 19,90€.

Un chirurgien prend la plume

Afin de préparer les enfants à la pose de « yoyos », le Dr Gaillard, chirurgien ORL, les rassure en leur racontant l’opération qui les attend. Une très bonne idée lorsqu’on sait qu’1 enfant sur 5 a des problèmes d’audition.
« Le Mystère de l’aérateur transtympanique », du Dr Gaillard (auteur) et de Marine de Fombelle (illus.). Le Faune, 13€.

Couleurs savantes

Dans cet épais imagier, Marie-Laure Cruschi (alias Cruschiform) nous explique, au travers de ses illustrations et de ses textes, le pourquoi des noms de quelque 130 couleurs. Casque bleu, vert-de-gris, céladon… un voyage à la fois poétique et savant qui fascine les enfants. Notre rythme : 5 couleurs chaque soir avant de filer au lit.

« Colorama », de Cruschiform. Gallimard Jeunesse, 25€.

Grandir librement

Qui êtes-vous Ève Herrmann ?

J’ai grandi en Corse, où je suis née. Mes deux parents sont venus de Suisse s’installer dans un écrin de verdure, au milieu de la nature sauvage. J’ai « poussé » là, un peu à l’écart de la société de consommation, dans un environnement très protégé et naturel. À 18 ans, je suis retournée en Suisse faire des études de graphisme. Après mon diplôme, j’ai travaillé d’abord en agence, mais très rapidement je me suis rendu compte que je n’étais pas faite pour être employée. Je me suis installée en free-lance et j’ai rencontré mon mari, graphiste free-lance lui aussi. Nous avons travaillé de nombreuses années ensemble.

Qu’est-ce qui vous a fait changer de voie ?
Pour ma fille aînée, Liv, j’ai démarré un blog – uniquement des photos à partager avec la famille, au départ.

Mais, très vite, j’ai commencé à y écrire et j’y ai pris goût. Parallèlement, je me suis passionnée pour l’approche Montessori, mais, en 2007, Montessori pour les enfants de 0 à 3 ans n’était pas aussi répandu qu’aujourd’hui et j’ai dû beaucoup fouiller, lire en anglais et en italien pour trouver des pistes ! C’est ce que j’ai partagé sur mon blog, accompagné de photographies. J’ai rencontré alors un public de lecteurs intéressés et curieux et cela m’a encouragée à continuer.

Quelques années et une seconde fille plus tard, les éditions Nathan m’ont contactée pour illustrer un livre sur Montessori et les bébés avec mes photos. J’ai continué avec l’écriture de 2 livres, la conception d’un cahier d’activités et de nombreux coffrets de matériel. C’est une très belle collaboration qui se pour- suit aujourd’hui. Pour mon livre sur ma démarche de maman et ma vision de l’enfant, ce sont les éditions Solar qui m’ont approchée. Je crois à la synchronicité des événements ! Cette proposition arrivait au bon moment : ce livre était prêt dans ma tête depuis longtemps, il fallait qu’il voie le jour.

Pourquoi avoir décidé de déscolariser vos deux filles, Liv et Emy ?

Les filles avaient commencé à l’école Montessori avant notre déménagement. Arrivés à Lyon, faute de place dans des écoles à pédagogies différentes, nous les avons inscrites dans une petite école privée du quartier, très bienveillante. Les filles s’y sont senties assez bien d’ailleurs. Toutefois, la pédagogie (où l’enfant apprend ce qu’on lui demande, suit le maître et n’est pas moteur de ses apprentissages) a commencé à me peser. De plus, nous nous sentions malmenés par les horaires à respecter. Nous étions tous les deux travailleurs indépendants à la mai- son, organisant notre temps comme nous le souhaitions, en fonction de nos besoins et de notre rythme propre, et nous devions forcer nos filles à se lever le matin, à se dépêcher de déjeuner, à se préparer pour ne pas être en retard à l’école. À midi, rebelote : aller les chercher, rentrer manger, repartir… Elles avaient envie de se poser et de s’amuser un peu, mais le temps jouait contre elles. Il y avait une incohérence dans le fait d’imposer à nos filles ce que nous avions refusé pour nous ! Ce sont les deux raisons principales qui nous ont amenés à faire ce choix de la déscolarisation : la pédagogie et le rythme. Nous voulions vivre ensemble, à notre rythme et à notre idée.

Vous parlez dans votre livre de l’importance pour les parents de savoir observer leurs enfants. Pouvez-vous développer ?

C’est de l’observation des enfants qu’est née la pédagogie développée par Maria Montessori. Elle disait qu’elle n’avait rien inventé, que les enfants lui avaient tout montré. Observer son enfant, c’est se mettre en retrait, en dehors de l’action ; c’est se retenir d’agir pour voir davantage, pour comprendre où il en est dans son développement. Les parents ont le sentiment qu’ils doivent toujours faire quelque cho- se pour leur enfant : lui apprendre, le guider, le stimuler d’une part, le corriger, le contrôler de l’autre…

Qu’entendez-vous par «une aide juste» ?

C’est aider, sans faire à la place de l’enfant. Cela rejoint la question de l’observation. Pour nous, les adultes, c’est plus dur de ne pas inter- venir pour aider un enfant, car nous « savons » et nous avons le sentiment que c’est notre devoir de lui apprendre, de l’aider. Mais un enfant qui essaie (en se plaignant ou en nous lançant des regards en coin) n’a pas forcément besoin d’aide. C’est peut- être juste un peu d’attention qu’il demande : des encouragements mais pas une intervention, ou alors en ne faisant qu’un tout petit peu, juste ce qu’il faut pour que l’enfant puisse continuer par lui-même. Je me souviens de ma fille qui voulait s’habiller seule, mais c’était encore un peu difficile pour elle. Je lui tendais ses vêtements dans le bon sens, prêts à être enfilés. Cela l’aidait que je fasse juste une partie de l’action difficile, mais elle n’aurait pas accepté que je l’habille sans qu’elle puisse participer.

Vous expliquez également que l’enfant apprend par lui-même. Cela veut-il dire qu’ il n’ a pas besoin de maître ?

L’enfant apprend par lui-même, de la même façon qu’il apprend à par- ler, à marcher, à courir… Il est mû par un désir de comprendre le monde, et si nous ne venons pas en travers de cette envie de découverte, il continuera d’apprendre de cette manière naturelle. Ce sont les adultes qui séparent apprendre et jouer, vivre et apprendre, alors que pour l’enfant tout est imbriqué. Mais si l’enfant n’a pas besoin d’un maître qui dirige et décide de ce qu’il doit apprendre et à quel moment, il a besoin d’un adulte qui lui montre le chemin, qui lui offre à voir le monde, qui l’aide à répondre à ses questions incessantes et à assouvir sa curiosité. C’est le rôle de l’éducateur dans une classe Montes- sori : il prépare le terrain, montre et remontre, remet de l’ordre et se fait oublier.

Est-ce possible de laisser un enfant grandir librement sans qu’ il devienne allergique à la frustration ?

Si nos enfants « libres » rencontrent moins de situations où ils sont dirigés par des adultes, cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a pas de règles. Nous ne laissons pas nos filles faire tout ce qu’elles veulent. Comme je le leur explique, nous sommes libres, dans la mesure où cela n’entre pas en conflit avec la vie autour de nous, qu’elle soit humaine, animale ou végétale.

Cependant, nous sommes beaucoup moins directifs que dans une famille plus classique. Un enfant qui grandit « librement » apprend par lui-même, au fil des situations, à gérer sa volonté, à la suivre ou non et à temporiser ses désirs. Il mettra peut-être plus de temps à développer sa volonté et à maîtriser ses pulsions et ses frustrations, mais il aura la chance de pouvoir faire pour lui-même, sans que l’ordre vienne toujours de l’extérieur. Ce n’est pas un chemin facile, et il y a peut-être plus de discussions et de négociations au sein des familles de notre type.

Comment garder chez un enfant scolarisé l’enthousiasme et la curiosité d’apprendre ?
Je pense que nous pouvons l’aider en nous intéressant à lui, à ses idées, à ses passions, en l’aidant à les développer et en montrant nous-mêmes de l’enthousiasme et de la curiosité pour le monde qui nous entoure. Souvent, être ce que nous souhai- terions voir chez nos enfants est un bon départ. Si les parents sont blasés et manquent d’enthousiasme, il sera plus difficile pour l’enfant de le conserver.

Quelles sont les 3 choses essentielles que tout parent devrait savoir ?

C’est une question difficile, mais voici 3 vérités qui me semblent essentielles : 1. L’enfant est un être capa- ble ; il veut apprendre par lui-même et faire par lui-même. Il faut respecter ce besoin naturel. 2. L’enfant n’a pas besoin d’être modelé par l’adulte pour devenir quelqu’un de bien : il est déjà quelqu’un de bien ! 3. Et, enfin, quand l’enfant se rebelle, il ne souhaite pas embêter ses parents ni les faire enrager. Il dit simplement que ses besoins ne sont pas écoutés. Comment nous sentons-nous quand nos besoins ne sont pas écoutés ?

 

Livré !

Tiens, tiens, on dirait que le Père Noël est passé… Je reconnais bien là les hottes remplies de cadeaux de Sa Majesté à traîneau. Et il a même pensé à les nom- mer ! De plus en plus efficace, ce Père Noël… !

«Sac de Noël» en toile de jute A-qui-S. Cousu main dans les Pyrénées et personnalisable. Le grand modèle (77×48 cm), 24€ ; le petit (36×25 cm), 16,90€.

www.a-qui-s.fr

Montessori

Imaginées par une maman formée à la pédagogie Montessori et passionnée, les kits MaMontessoriBox® – au contenu sérieux et de grande qualité – déclinent chaque mois un thème (mathématiques, langage, sensoriel…). Le petit plus ? Un guide imprimé et très bien rédigé qui explique de façon claire l’approche montessorienne ainsi que les différentes manières dont utiliser le matériel de chaque box. Les premiers abonnés en sont fans.

www.mamontessoribox.com

Seconde vie

Une bonne idée pour apprendre à vos enfants un geste éco-citoyen ? Récu- pérer dans les boutiques Okaïdi et ÏDKIDS un « Love Bag », puis demander à ses enfants de trier leurs vêtements et leurs chaussures, et rapporter le tout dans le magasin Okaïdi ou ÏDKIDS de son choix ! Depuis 2008, cette opération, qui désormais court toute l’année, a permis de récolter quelque 200 tonnes de textiles, ensuite réutilisés ou recyclés. Good idea!

www.okaidi.fr

www.idkids.fr

Icônes

Elles sentent bon la vanille, disposent d’une cli- nique pour leurs bobos et d’un bureau de style pour leur dressing… J’ai nommé les poupées Corolle, nées en Touraine en 1979. Leur compte Instagram est à croquer : vous allez craquer !

www.instagram.com/corolle_officiel

Jour après jour…

À partir du 1er janvier, promis : vos enfants n’auront plus aucun mal à se lever pour aller à l’école ! Notre secret ? Le Calendrier Bubble ! Ludique, créatif et bienveillant : ils sauteront du lit fissa pour l’effeuiller sans plus tarder.

« Mon Calendrier Bubble », Gründ, 9,95€.

De qualité

Crayons de couleur, aquarelle, pré- sentoirs en bois, instruments de musique, loisirs créatifs… Mercu- rius fournit nos petits apprentis au grand esprit créatif avec de vrais produits durables et de grande qualité. Fini les peintures, pinceaux et autres accessoires qui ne valent pas tripette et qui finissent rapido à la poubelle.

www.mercuriusfrance.fr

Aider

Cette minicollection de 240 pièces, tricotées à la main par des femmes de l’Association Amitié Partage Roubaix, est une très belle initiative portée par Jacadi qui a dessiné les modèles pendant que Phildar offrait la laine. L’objectif ? Venir en aide à des mamans en grande difficulté en leur proposant, par ce premier travail, une perspective de réinsertion. Bravo.

Collection « Love maille », en vente en exclusivité sur www.jacadi.fr

Portraits

Rozenn, illustratrice, tire le portrait de votre tribu d’après photos et selon les passions de chacun. Maman adore les T-shirts à pois, papa est fan de sport, le grand pratique le tennis, celui du milieu adore dessiner et le dernier est un petit rigolo ? Voici le résultat ! Une idée originale pour Noël. Portrait de famille : à partir de 95€ le portrait imprimé sur papier d’art (224 g), format A4. www.lpmdc.bigcartel.com

Bonbon ?

De ceux-là, vous serez ravis qu’ils en mangent en cachet- te… Ces oursons à l’arôme na- turel de pomme renferment 500 millions de probiotiques qui vont aider la flore intesti- nale de vos enfants, siège de l’immunité souvent perturbée par les diarrhées ou la prise d’antibiotiques, à se rééquili- brer. Attention, les gourmands : pas plus de 1 par jour !

Gommes Probiotiques : pilulier de 60 oursons (1 gomme/jour),

PEDIAKID, 7,90€.

Ranger

Les rennes approchent : il va falloir trier et tout ranger avant l’arrivée du Père Noël. Avec ces grandes poches en papier kraft, illustrées à la main, l’affaire est dans le sac ! Sacs en papier kraft, Petits Canaillous, 14,90€ l’unité.

www.petits-canaillous.fr

English

Anorak : un coupe-vent, certes, mais aussi le nom d’une nouvelle marque britannique à découvrir. Puisant dans ses souvenirs d’en- fance, Laurie Robertson réinvente le matériel de camping, déclinant sa fantaisie créative jusqu’au linge de maison. Couleurs vives et all-over. Tout ce que l’on aime chez les Anglais !

www.anorakonline.co.uk

Unanimité

Trop grande pour porter un bavoir, mais trop petite pour éviter les taches ? Cette serviette-bretelle devrait mettre tout le monde d’accord !

www.dansunnuage.fr

Tissé

Depuis son atelier à Porto, Célia Esteves remet au goût du jour le tapis de cuisine traditionnel, fait de tissu recyclé, que l’on trouve dans toutes les maisons portugaises. Son idée ? Faire appel à de jeunes artistes pour dessiner les tapis, fabriqués ensuite par les artisans locaux. Le résultat : des pièces joyeuses et originales, plébiscitées par les enfants.

www.rugbygur.com

 

Ikigaï : l’énergie de 3 mamans

Aurélie Sigrand a 3 enfants, dont ysé (10 ans), porteuse d’une trisomie 9. Après le choc de l’annonce, elle découvre le dur quotidien des mères d’en- fants handicapés. Décidée à faire bouger les lignes et à profiter de la belle énergie qui traverse le monde de l’Éducation, elle crée avec 2 autres mamans (Agnès et Stéphanie) l’association ikigaï. un lieu pluridisciplinaire, en construction, où sont déjà proposés des ateliers inclusifs et une formation pour les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AVS/AESH). En chantier pour 2018 : une web- série sur youTube. Revue de détail.

Que signifie «Ikigaï» ?
Selon les Japonais de l’île d’Okinawa, chacun a un Ikigaï caché comme un trésor à l’intérieur de soi. Trouver son Ikigaï, c’est trouver sa place au milieu des autres, trouver ce pour quoi l’on est fait et ce qui nous rend heureux…

Qu’appelez-vous « ateliers inclusifs » ?
Les ateliers Ikigaï (pour les enfants de 6 à 10 ans) ont la particularité de mixer enfants avec et sans handicap. Chaque atelier propose 2 activités coanimées par un duo d’artistes, d’enseignants ou de professionnels de la santé : « Théâtre et expression corporelle » est animé par une chorégraphe et une psychologue ; « Arts plastiques et jeux d’écriture », par une plasticienne et une orthophoniste… L’objectif est d’apprendre à vivre ensemble, à se découvrir, à se surprendre, à partager… Point de réussite, ni d’échec : ici, ce que l’on quantifie c’est le nombre de sourires, de regards échangés, de mains tendues…

Un exemple de moment ainsi partagé ?
Pendant l’atelier d’écriture, l’animatrice demande quelles sont les principales qualités que les enfants aimeraient retrouver chez leur héros. La question est très ouverte et les enfants neurotypiques ont du mal à trouver des idées… On sent qu’ils s’interrogent sur ce qu’il « faut » dire, sur ce qui va être « bon » ou « pas bon ». Puis c’est au tour de Pedro et Nassim*, deux enfants Asperger, de s’exprimer. Passionnés par le sujet, ils s’expriment librement et avec enthousiasme, dans un débit ininterrompu, sans se poser la question de savoir si cela va plaire ou non. Immédiatement, au sein du groupe, la parole se libère. Les autres enfants rebondissent sur ces propos et peuvent alors exposer leurs propres idées sans craindre d’être jugés…

Pourquoi proposer des formations ?
Nos enfants ont gagné le droit de fréquenter les bancs de l’école de leur quartier. Mais nous n’avons pu que constater le manque de formation des enseignants et des accompagnants sur le handicap et les troubles des apprentissages associés. C’est pourquoi nous avons choisi d’investir ce domaine en leur proposant des formations.

À quoi les formez-vous ?

Notre formation, largement financée par des mécènes, est axée sur l’autisme et pensée comme une boîte à outils pratiques : connaître et comprendre l’autisme, gérer les émotions et les perturbations sensorielles, appréhender les troubles du comportement, accompagner les apprentissages scolaires et les relations sociales. Des réunions de suivi et d’échange de pratiques sont aus- si organisées pour partager, ajuster, trouver des solutions « sur mesure » pour l’enfant que le stagiaire suit dans la classe. Et surtout, au-delà des particularités de l’autisme, ces outils pourront servir à d’autres enfants, avec ou sans handicap, «bloqués» dans leurs apprentissages de façon ponctuelle ou chronique.

Un exemple ?

Justine* est AESH depuis 5 ans. Cet- te année est particulièrement difficile, car elle accompagne un enfant non diagnostiqué, avec des troubles sévères du comportement et qui est en grande souffrance. Il communi- que peu verbalement, il s’automutile et il lui arrive même de la mordre. Ses parents sont dans le déni. Justine a peu de contacts avec eux et elle ne sait pas vers qui se tourner pour mener à bien sa mission. Elle a fini par douter d’elle-même et a pensé à démissionner. Heureusement, grâce à notre formation, elle a pu mieux comprendre les manifestations psychiques et physiques de son élève. Elle a identifié des pistes pour entrer en lien avec lui, des éléments de langage pour répondre aux questions de ses camarades de classe et a trouvé un espace d’écoute et de partage avec ses pairs pour briser sa solitude.

Sur quoi portera votre websérie ?

Notre websérie, ludique et pédalogique, s’adressera avant tout aux enfants avec TSA (troubles du spectre autistique), qui ont envie de se faire des amis mais qui ne savent pas comment s’y prendre. Pour eux, les codes sociaux sont incompréhensibles, le langage du corps est mystérieux et la reconnaissance des expressions faciales, l’emploi du second degré et les émotions des autres sont indéchiffrables… Il les leur faut apprendre ! L’objectif n’est pas de dire à l’enfant « voilà comment il faut faire, voilà ce que tu dois changer pour y arriver », mais de l’aider à repérer les indices, à comprendre les liens de cause à effet ainsi que la réaction des autres face à ses comportements. C’est aussi, pour ses camarades, l’occasion de comprendre son mode de fonctionnement et ses difficultés. C’est un peu une série sur l’empathie !

Comment financez-vous Ikigaï ?

Les actions sont financées par des dons privés, des fondations et des entreprises (Fondation Veolia, Fondation ÏDKIDS, Fondation Orange, la Sacem), des campagnes de crowdfunding et par les frais d’adhésion. De plus, certaines PME nous soutiennent également en nous offrant du matériel ou en mettant à notre disposition leurs espaces. Nous sommes ouverts à toute forme d’aide !

Good world, à toi de jouer !

Une plateforme réservée aux enfants
En 2014, Okaïdi crée la plateforme d’appel à projet GOOD WORLD. Son idée ? Se mettre à l’écoute des enfants et s’engager à les accompagner dans la réalisation d’un projet qui pourra améliorer le monde qui les entoure. Maëva remporte l’adhésion du jury ! Grâce à l’aide des équipes d’Okaïdi, elle réalise sa collecte de vêtements et de jouets pour Les Restos du cœur de Boulogne-sur-Mer.

 

Le respect de la planète
En 2015, Okaïdi décide de dédier la plateforme aux projets en lien avec le respect de la planète. C’est au tour de Yuna de conquérir le jury. En 2016, ravie, elle se retrouve sur la plage avec 50 enfants de son école, accompagnée par Okaïdi et l’association Surfrider Foundation Europe !

 

Et en 2017 ?

C’est à ton tour ! Participe à GOOD WORLD en proposant un projet pour améliorer la vie au quotidien ! Connecte-toi à la plateforme GOOD WORLD pour déposer ton idée (seul ou à plusieurs). Tu pourras en profiter pour consulter celles des autres enfants, découvrir les associations avec qui tu pourrais t’associer et utiliser les kits pédagogiques pour t’aider. C’est très simple, tu verras !

www.goodworld.fr

 

6 thématiques
Cette année, 6 thématiques, en lien avec les valeurs d’Okaïdi, sont proposées :

Le prix CATS – GOOD Nature, destiné aux projets autour de l’environnement.

Le prix Play Bac – GOOD Diversity, destiné aux projets autour du vivre ensemble.

Le prix de la Fondation ÏDKIDS – GOOD Generosity, destiné aux projets autour de la solidarité.

Le Surfrider Foundation Europe – GOOD Energy, destiné aux projets autour du sport.

Le prix des WAWC – GOOD Creativity, destiné aux projets autour des arts et de la musique.

Le prix des Collaborateurs Okaïdi – GOOD Curiosity : destiné aux projet autour de l’éducation.

 

Tu as jusqu’au 9 mars 2018 pour déposer ton idée et réaliser peut-être ton projet, accompagné(e) par les équipes du collectif d’associations CATS, des éditions Play Bac, de la fondation ÏDKIDS, de l’association Surfrider Foundation Europe, du groupe de musique We Are World Citizens! ou des collaborateurs d’Okaïdi. À toi de jouer !

 

 

« Je trouve que ramasser les déchets ce n’est pas drôle, alors je propose une grande chasse aux trésors sur la plage avec des détecteurs de métaux. J’aurai deux sacs : l’un pour les déchets et l’autre pour les trésors que j’aurai peut-être trouvés ! C’est plus rigolo et ça garde la plage propre. »

Yuna, 8 ans, Plogastel-Saint-Germain (29710).

 

« Je voudrais faire le tour des maisons de ma ville avec mes amis -– des personnes volontaires et ceux qui me soutiennent -– afin de récupérer chez les gens des objets dont ils ne se servent plus. J’’organiserai un vide-grenier (avec ceux qui m’ont aidée à récolter ces objets) pour  les vendre. L’’argent récolté sera reversé à des associations caritatives comme  la Croix-Rouge, Les Restos du Cœur ou Emmaüs et aux pauvres et aux sans-abris. »

Maëva, 13 ans, Boulogne-sur-Mer (62200).

 

 

 

Pourquoi célébrer le temps qui passe ?

Quoi de plus humain, de plus universel, que le besoin de célébrer le temps qui passe ? Dans bien des familles, la fin de l’année civile est d’abord un temps de fêtes et de rituels qui rassemble petits et grands. À chaque famille ses petites habitudes, ses recettes et ses traditions : qu’elles fassent ou non référence à des cultures religieuses ou populaires, que nous ayons à cœur de les préserver ou de les réinventer, toutes nous invitent à goûter l’instant présent avec plus d’intensité ; toutes nous rappellent l’importance de donner à nos enfants des points d’ancrage pour surmonter l’impermanence du monde.

Indispensables rituels

Dans toutes les sociétés humaines, contemporaines ou anciennes, il existe des fêtes destinées à célébrer le début d’un nouveau cycle. Pourquoi sont-elles si indispensables, si incontournables ? Cette question en apparence anodine a occupé des générations de chercheurs en sciences sociales. Martine Segalen (1) – ethnologue, sociologue et auteure d’un livre sur le sujet – a résumé leurs conclusions. Selon elle, les rites périodiques ont d’abord pour fonction de nous permettre de maîtriser les cycles naturels tels que les saisons, mais aussi des phénomènes astronomiques comme la durée du jour et de la nuit, la hauteur du soleil dans le ciel ou la visibilité ou non de certaines constellations. L’observation de ces événements a d’ailleurs permis de structurer les premiers calendriers dont le nôtre est un lointain descendant. On peut trouver la trace encore vivante de cet antique travail d’observation en constatant par exemple que la plupart des fêtes chrétiennes qui jalonnent encore notre calendrier coïncident en réalité avec des fêtes pastorales ou agraires, remontant au temps des anciens Hébreux. À cette époque, la connaissance des saisons avait d’autant plus d’importance qu’elle était cruciale pour effectuer efficacement les semis, les récoltes, ou planifier la reproduction des animaux d’élevage. Mais ce n’est pas tout, car les rites de renouveau ont aussi une incontournable fonction sociale. Martine Segalen la décrit en ces termes : « Les rites ont pour but de rattacher le présent au passé, l’individu à la communauté ». En effet, durant ces rites, des sentiments sont ressentis en commun, des actes sont effectués ensemble. À chacun d’entre eux, on célèbre moins le temps qui passe que la force du groupe qui se réunit.

Où sont passés nos rituels ?

Pourtant, certains pessimistes crient actuellement au désastre : nos sociétés contemporaines auraient perdu leurs rituels ! L’avis de Martine Segalen est pourtant bien plus nuancé. Certes, certains rituels ont disparu ou se sont affaiblis dans le courant du XXe siècle : c’est par exemple le cas des rites chrétiens (baptêmes et communions), des cérémonies de remise de prix à l’école, du service militaire ou encore du mariage, envisagé comme unique préalable à la vie conjugale. Mais, parallèlement, d’autres rituels se sont développés : on pense aux fêtes d’anniversaire, autrefois considérées par l’Église comme un péché d’orgueil ; à la multiplication contemporaine des baptêmes républicains ; à la célébration de la perte des dents de lait… Enfin, certains rituels, loin d’avoir disparu, ont juste été réinterprétés : c’est le cas particulièrement de la fête de Noël, autrefois considérée comme une fête religieuse comme les autres, qui est peu à peu devenue, sous l’influence des États-Unis et au grand dam de l’Église, la fête populaire qu’on connaît aujourd’hui. Pour les historiens (2), si Noël est aujourd’hui la plus importante des fêtes familiales, c’est d’abord parce qu’elle a su réaliser un mariage heureux entre des éléments de folklore anciens, venant de divers pays, et les valeurs contemporaines telles que la centration sur l’enfant, si chère à notre société.

Contre le consumérisme

La popularité de Noël a pourtant son revers de médaille, car cette fête est aussi devenue un enjeu majeur pour les « marketeurs ». La course aux cadeaux ou à la débauche alimentaire peut alors générer chez les adultes un sentiment d’écœurement et de perte de sens, bien éloigné des valeurs qu’ils souhaitent transmettre à leur enfant à cette période de l’année. Pour y remédier, les initiatives ne manquent pas ! Certains parents encouragent leurs enfants à inscrire dans leur « liste au Père Noël » des cadeaux non matériels,(séances de cinéma, places de spectacle, contribution à un stage de kayak) ; d’autres – surtout lorsque les enfants sont petits et que leurs besoins évoluent vite – n’hésitent pas à mettre de côté certains cadeaux pour les leur présenter au fil des semaines plutôt que de voir leurs enfants submergés le matin de Noël. Dans d’autres familles encore, on réhabilite le « fait maison » : on demande à une grand-mère de tricoter une écharpe Harry Potter, à un grand-père de construire une cabane dans les arbres, et l’on fabrique soi-même son calendrier de l’Avent et ses décorations. On trouve aussi sous le sapin de plus en plus d’objets de seconde main : pourquoi racheter neuf ce qui peut encore servir ? D’autres parents vont encore plus loin en s’inscrivant dans l’objectif écologique « zéro déchet » (3) : ceux-là troquent ainsi le traditionnel sapin de Noël jetable contre un arbuste d’intérieur durable. On peut encore signaler l’initiative de certains parents qui, pour redonner du sens à la fête de Noël, vont jusqu’à renouer avec ses origines païennes en célébrant le solstice d’hiver, jour le plus court de l’année.

Préserver la magie de Noël

Reste que, quels que soient nos griefs à l’égard de la société de consommation, nous ne voudrions pour rien au monde priver les enfants de la magie de Noël. Qui d’entre nous n’a jamais été hypnotisé par la beauté d’un sapin illuminé dans la pénombre, ébloui par les décorations dans la rue et les devantures de magasins parées de rouge et d’or, subjugué en découvrant au petit matin la multitude des boîtes recouvertes de papier multicolore ? Pour certains parents, cette féerie est indissociable du mythe du Père Noël qu’on nourrit avec ferveur ; pour d’autres, moins à l’aise avec ce folklore, la magie naît des surprises que chacun, petit ou grand, aura pris le soin de préparer en secret ; pour d’autres encore, les yeux brillent dès la première clémentine transformée en lanterne, la première bougie posée sur le rebord de la fenêtre, la première fournée de biscuits à la cannelle… Car, que l’on soit plutôt attaché aux traditions ou prompt à les rénover, les rituels les plus doux restent ceux que l’on a construits au fil des ans avec ses enfants, ceux qui n’existent presque que pour nous. Ceux-là sont l’essence même de l’enfance et le sel de la vie.

 

(1) Martine Segalen, Rites et rituels contemporains, Armand Colin, 2009.

(2) Alain Cabantous, Noël – Une si longue histoire…, Payot, 2016.

(3) Bea Johnson, Zéro déchet, J’ai Lu, 2015.

Des racines qui font grandir

Le proverbe dit : « On ne peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes. » Voilà donc tout le paradoxe de l’éducation : chaque jour, cultiver ces miens qui, loin de devenir des chaînes, constitueront le terreau fertile de leur confiance en eux. À ce titre, les fêtes de fin d’année sont un moment précieux pour créer ces racines au contact de la famille « élargie » (aïeux, oncles et tantes, cousins…) et comprendre que l’on fait partie d’une longue histoire.

Savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va…

Les psychologues qui travaillent sur les secrets de famille sont formels : il faut souvent savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va. Pour Serge Tisseron, auteur de plusieurs livres sur le sujet (1), cette connaissance est même cruciale pour renforcer la confiance que les enfants placent en eux-mêmes et en les adultes qui prennent soin d’eux. Quelle belle manière d’attendre le Père Noël que de proposer par exemple aux grands-parents de ressortir l’immense pile des albums de famille ou d’organiser une projection de leurs vieilles vidéos ! Leurs petits-enfants auront alors l’impression de remonter le temps : peut-être se verront-ils nouveau-nés, dans les bras des uns et des autres, déjà entourés et aimés ; peut-être apercevront-ils pareillement leurs parents ; peut-être pourront-ils jouer au jeu des ressemblances sur des photos si anciennes qu’elles leur sembleront irréelles, remplies de silhouettes grises dont ils écouteront religieusement égrainer les prénoms pour mieux se délecter de cette multitude. Mais l’histoire et la culture familiale ne résident pas que dans les récits : elles s’ancrent aussi profondément dans nos sens, notre mémoire olfactive étant l’une des plus performantes. C’est souvent dans les petits gestes que l’on reçoit de ses aînés l’essentiel de son histoire et de sa culture. C’est ainsi que, pour nombre d’entre nous, l’héritage culturel réside aussi dans ces bons petits plats qui nous remplissent de nostalgie. Les fêtes de fin d’année sont une occasion précieuse pour apprendre à les réaliser : aux plus petits, le plaisir sensoriel d’étaler une pâte au rouleau ou de casser des œufs ; aux plus grands, celui d’acquérir les tours de main d’une grand-mère ou d’un grand-père et de les consigner précieusement ; à tous, le bonheur de contribuer à la confection d’un plat de fête qui compte tout particulièrement.

Incarner l’Histoire…

Mais ce n’est pas tout car, au-delà de l’histoire familiale, unique et intime, les grands-parents ont aussi ce pouvoir d’incarner l’Histoire avec un grand H. En témoignant du passé autrement que le font les livres désincarnés, ils contribuent aussi à ancrer les enfants dans l’histoire de la société dans laquelle ils grandissent. Outre la connaissance de l’histoire de leur pays, ces récits d’adultes permettent aussi aux enfants de structurer leur échelle des temps historiques, eux qui sont si nombreux à nous demander candidement : « Il y avait encore des rois, quand tu étais petit ? » Les fêtes de fin d’année sont alors pour eux un temps précieux où ils pourront se transformer en petits reporters pour questionner chaque génération : peut-être y aura-t-il une grand-mère pour raconter comment elle a suivi avec passion à la télévision les premiers pas de l’humanité sur la Lune ? Peut-être y aura-t-il un grand-père pour raconter le temps où l’école n’était pas mixte et où l’on écrivait à la plume ?

Mille et une familles

En Occident, on a tendance à oublier que les parents ne sont pas les seuls éducateurs de leur enfant : sous l’influence de l’évolution des modes de travail et de vie, le modèle de la famille nucléaire – constituée des seuls parents et enfants – s’est peu à peu imposé. Pourtant, il y a toujours eu mille et une façons de « faire famille », comme l’ont montré les anthropologues (2) : chez certains peuples d’Océanie, le « don d’enfant » est par exemple très fréquent (on devient donc souvent parent par adoption) ; chez les Trobriandais de Papouasie-Nouvelle-Guinée, les enfants sont élevés par leur oncle maternel, seul homme important à leurs yeux ; quant aux enfants du peuple Na, en Chine, ils ne connaissent pas leur père biologique mais grandissent au sein d’une communauté apparentée à leur mère. Le moins que l’on puisse dire est que nous sommes loin d’avoir inventé la famille recomposée ! Nous avons peut-être en revanche oublié les ressources que constituent pour l’enfant le soutien et la présence de plusieurs adultes de référence. C’est ce qui a conduit les Canadiens Gordon Neufeld et Gabor Maté, l’un psychologue, l’autre médecin, à plaider pour le modèle de la famille « méditerranéenne » (3), qu’ils décrivent comme une organisation où chaque adulte de la famille élargie resterait affectivement présent pour l’enfant, même s’ils se voient peu. En assumant tantôt la fonction de cadre structurant, tantôt celle d’oreille patiente et bienveillante, cette multiple présence adulte constituerait le meilleur rempart contre les maux de notre temps.

 

(1) Serge Tisseron, Les Secrets de famille, PUF, 2017.

(2) Martine Fournier et Véronique Bedin, La Parenté en question(s), Sciences Humaines, 2013.

(3) Gordon Neufeld et Dr Gabor Maté, Retrouver son rôle de parent, L’Homme, 2005.

 

Les cousins, c’est sacré !

Ce n’est qu’en 2012 que le mot « cousinade » est officiellement entré dans le dictionnaire, mais les enfants, eux, n’auront pas attendu si longtemps pour se délecter de ces retrouvailles au goût de vacances, de fous rires et de complicité. Pourtant, il n’est pas toujours facile de leur offrir des occasions de se rassembler dans nos vies si pressées… Heureusement, il y a les fêtes de fin d’année ! Dans ces joyeuses bandes où les adolescents ne rougissent pas de côtoyer les plus jeunes, où les bambins n’hésitent pas à devenir téméraires pour suivre les grands et où l’on complote en secret derrière le sapin, on oublie les adultes, leurs petits conflits et leurs grandes théories ; on grandit, on partage, on expérimente…

 

La richesse des cultures enfantines

Si les retrouvailles entre cousins sont si réjouissantes pour les enfants, c’est d’abord parce qu’elles sont l’occasion de passer du temps sans que les adultes s’en mêlent. Une situation devenue rare dans notre société, où les regroupements d’enfants se font majoritairement sur le modèle de l’école, c’est-à-dire séparés en classes d’âge et gérés par des adultes.

Pourtant, les chercheurs sont formels : les cultures enfantines sont d’une grande richesse, et leurs similitudes, retrouvées partout sur le Globe, laissent penser qu’elles seraient universelles. Le linguiste Andy Arleo et l’anthropologue de l’enfance et de la jeunesse Julie Delalande (1) ont par exemple démontré l’efficacité de la tradition orale enfantine, grâce à laquelle les enfants se transmettent, génération après génération, leurs comptines, jeux et formulettes. Ils ont également révélé la place centrale que les enfants accordent à la curiosité, à l’imagination, à l’humour, mais aussi, contrairement à ce que pensent parfois les adultes, à la justice et à l’équité. Ainsi, lorsque les cousins se retrouvent entre eux, les uns apprennent des autres. Grâce aux grands, les petits deviennent incollables sur les dernières tendances de la cour de récréation : ils découvrent les bonbons trop acides et les sucettes qui rendent la langue bleue, ils apprennent le comble du jardinier et autres blagues douteuses. De leur côté, pré-ados et ados grandissent, eux aussi. En prenant soin des plus jeunes, ils endossent le rôle de baby-sitter d’un jour. Ils peuvent alors éprouver une part des responsabilités que cela implique, mais aussi en retirer fierté et confiance en soi.

Cousins de sang, cousins de cœur

De nos jours, fêter Noël entre cousins de tout âge reste néanmoins une chance qui n’est pas donné à tous : parce que les fratries sont moins nombreuses qu’autrefois ou parce que l’éloignement géographique est plus fréquent. Lorsque les cousins « de sang » font défaut et que le hasard des séparations ou des recompositions familiales n’ont pas offert l’occasion d’élargir les fratries, plusieurs solutions subsistent.

On peut par exemple tenter de réactiver les liens familiaux au-delà des limites habituelles. C’est ce qu’a montré la journaliste américaine Mei-Ling Hopgood, en enquêtant sur les recettes éducatives du monde entier. Pour les membres de la communauté libano-américaine qu’elle a interviewés, la famille est immense : « [Notre famille] comprend mes parents, grands-parents, oncles, tantes, cousins germains, mais aussi les cousins de mes parents et leur descendance, sans oublier les cousins de mes grands-parents, grands-oncles, grandes-tantes, et leur progéniture au complet. Même les grands amis de la famille […] font partie intégrante du clan ! On considère leurs enfants comme nos cousins, au même titre que les vrais. » (2). Suivre cet exemple n’implique pas forcément d’aller sonner à la porte d’un grand-oncle oublié, mais simplement de s’interroger sur les liens sociaux qui comptent vraiment pour nous : ce peut être ces voisins qui ont des enfants du même âge et avec lesquels on s’entend si bien, ces copains devenus parents avec qui l’on aime tant partir en vacances, ou encore ces parents de l’école ou de la crèche, qui passeront eux aussi les fêtes loin de leur famille. Un beau réveillon amical en perspective !

Dépasser les petits conflits

Les retrouvailles entre cousins sont certes le paradis des enfants, mais les adultes, alors ? Pour beaucoup de parents, les fêtes de fin d’année restent une véritable épreuve, où il leur faut revêtir le costume trop étriqué de leurs années d’enfance : le temps d’un réveillon, ils redeviennent aux yeux de leur famille l’adolescent irresponsable, la petite fille capricieuse, l’enfant préféré – autant de rôles qu’ils n’ont eu de cesse de dépasser dans leur vie d’adulte. Pas question pour autant de laisser ces vieilles tensions priver les enfants de retrouvailles qu’ils attendent tant ! Certes, ce n’est pas en une soirée que l’on réglera les petits conflits, mais il reste néanmoins possible de réfléchir à comment mieux les surmonter.

Adele Faber et Elaine Mazlish – auteures d’un best-seller sur la non-violence éducative (3) – connaissent bien la nocivité de ces étiquettes : pour s’en libérer, elles conseillent d’abord aux parents d’éviter d’en formuler avec leurs propres enfants, en évitant de juger les personnes, mais seulement les comportements. À ce titre, un enfant n’est pas « un menteur », mais il a dit un mensonge ; un enfant n’est pas « méchant », mais il a prononcé des paroles inacceptables. Cet effort de langage peut paraître anodin, mais c’est pourtant toute la liberté de l’enfant de devenir lui-même qui est en jeu ! Côté parent, être attentif à cela apporte souvent un soulagement, car c’est votre enfant intérieur qui ressent cette bienveillance et qui vous dit merci !

Au diable la rigidité !

« Il a le droit de sortir de table et de ne revenir que pour le dessert » ; « elle n’est pas obligée de faire la bise pour dire bonjour à mamie » : quand les cousins se retrouvent, ce sont aussi les principes éducatifs des parents qui sont mis à mal ! Pas de panique, toutefois : c’est un préjugé éducatif de croire que les enfants ont besoin d’être entourés d’adultes qui appliquent tous parfaitement les mêmes règles. La professeure de psychologie et de philosophie Alison Gopnik a même montré que les enfants s’enrichissaient de cette diversité (4): plus les expériences éducatives des enfants sont variées, plus leur connaissance des interactions sociales se complexifie. Un enfant confronté à une diversité de modèles éducatifs apprendra que les règles ne sont pas les mêmes chez lui, chez ses grands-parents ou chez ses cousins et saura lesquelles appliquer au moment opportun. Votre éducation ne s’effondrera donc pas parce que, le temps d’une soirée, il a regardé ce dessin animé que vous trouvez si abêtissant avec sa cousine Léa ou qu’il s’est essayé avec délectation à la console de son cousin Paul. Plus, encore : c’est en voyant comment ses parents réagissent devant ces petites divergences, comment ils font des compromis et s’écoutent, que les enfants apprennent le respect : ils comprennent que l’on peut se côtoyer et s’apprécier, même si l’on n’est pas d’accord sur tout. Et si c’était ça, la plus belle leçon à leur donner durant les fêtes ?

 

 


Paroles d’enfants
par Mathilde Mulliez

 

À mi-chemin entre l’amitié et la famille, les relations entre cousins sont plus simples qu’entre frères et sœurs car elles sont dégagées de la rivalité liée au fait de partager les mêmes parents… Et aussi rassurantes, car sont présentes à la fois la sécurité et la durabilité, ce qui lui donne une impression d’immuabilité dans une société où la famille est de plus en plus éclatée, avec un nombre croissant de familles recomposées.

 

 « Moi, quand je serai grande, je me marierai avec mon cousin Alban et on habitera à Londres. »

Joséphine, 4 ans et demi.

 

« Mes sœurs, je les vois tout le temps à la maison, mais mes cousins je ne les vois pas tout le temps : des fois je les vois, mais pas souvent, alors je me sens pleine de joie quand je les retrouve.»
Juliette, 8 ans.

 

« J’ai un cousin préféré, je l’aime plus que les autres parce qu’il joue bien avec moi ; il a le même âge que moi, on fait des trucs rigolos ensemble, surtout dans la maison de vacances de papi et mamie : il y a plein d’espace, du coup, on peut jouer et courir. »
Alice, 8 ans.

 

« Mes cousins, je les vois quand c’est Noël, quand c’est Pâques, quand c’est les vacances de la Toussaint, les anniversaires des grands-parents et l’été. »
Anatole, 4 ans.

 

« Moi, j’habite à Lille, mes cousins habitent à Paris, là où il y a la tour Eiffel, et mon autre cousine, elle, elle habite en Espagne ; moi aussi je voudrais habiter en Espagne, parce qu’il y a toujours du soleil et que je parle anglais. »
Gustave, 4 ans.

 

 

(1) Andy Arleo et Julie Delalande, Cultures enfantines, Presses Universitaires de Rennes, 2011.

(2) Mei-Ling Hopgood, Comment les Eskimos gardent les bébés au chaud et autres aventures éducatives du monde entier, Jean-Claude Lattès, 2013.

(3) Adele Faber et Elaine Mazlish, Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, Éd. du Phare, 2012.

(4) Alison Gopnik, Le Bébé philosophe, Le Pommier, 2012.

A Noël, profitons du moment présent…

Diplômée de l’Ecole française de sophrologie de Montpellier, Cindy Chapelle partage son temps entre ateliers, conférences et son site laslowlife.fr, invitant chacun à prendre le temps de vivre. À son actif, de nombreux livres, dont Mon année slow aux éditions Plume de Carotte, truffé de très bonnes idées.

 

Les enfants sont très doués pour profiter du moment présent, pourquoi ? Que peut-on apprendre d’eux ?

Les enfants construisent leur rapport au temps au fur et à mesure de leur développement. Jusqu’à 6 ans la notion de temps est assez floue. Cet apprentissage progressif explique en partie la capacité des enfants à s’inscrire dans l’instant présent, le passé et le futur n’étant que de vagues concepts. Cette capacité à focaliser son attention dans l’instant est aussi liée à une légèreté de l’esprit, loin de toutes contraintes, responsabilités ou obligations. Et puis surtout, les enfants sont des machines à s’enthousiasmer ! Et quand on s’enthousiasme, on concentre naturellement son attention sur une chose. Réfléchissez à la dernière fois où vous vous êtes enthousisamer pour quelque chose, je suis sûre qu’à ce moment là vous étiez pleinement là !
Une fois que nous sommes parents, le temps file à toute vitesse. Un beau jour on se réveille et nos enfants ont quitté le nid. Comment ralentir et mieux profiter d’eux ?

Il s’agit d’abord d’apprendre à ralentir en tant qu’individu. Cela implique detravailler sur son organisation quotidienne afin de jouir de plus de temps pour soi et pour sa famille mais aussi de travailler à son bien-être global. Pour vivre ses journées plus sereinement, on peut jouer sur l’alternance des rythmes : on pense par exemple à prendre du temps pour soi à la pause-déjeuner. Une occasion de se relaxer, d’avancer sur un projet personnel ou encore de faire quelque chose qui nous enthousiasme particulièrement. Ces moments de recentrage, d’écoute de soi, de qualité de présence peuvent prendre la forme d’une question à se poser plusieurs fois dans la journée : comment est-ce que je me sens à cet instant précis (qu’est-ce que je ressens en termes d’émotions, de sensations physiques) ? Trouver son rythme propre, plutôt que de suivre le mouvement, permet d’améliorer sa qualité de vie.

C’est par ce recentrage que l’on peut ensuite apprendre à ralentir en tant que parents et ainsi passer au slow parenting. Une philosophie de vie invitant à réduire l’emploi du temps parfois surchargé de ses enfants (en sélectionnant par exemple une seule activité périscolaire), à prendre le temps de jouer avec eux (sans consulter le fil d’actualité des réseaux sociaux en même temps par exemples !), à leur faire découvrir la nature, à simplement les observer en train de jouer, de lire, de créer…, à suivre un rituel quotidien pour se retrouver tous ensemble autour de la cuisine, d’un jeu, d’une promenade en fin de journée… En étant là, ici et maintenant, présent, entier dans ces moments de vie.

 

Les fêtes de fin d’années sont des moments où l’on se retrouve souvent tous ensemble, en famille élargie. Comment arriver à profiter au présent de ces moments rares ?

Penser bienveillance et partage. On met son ego de côté, parfois en prise avec certaines réflexions négatives, et on garde l’esprit ouvert. On ne cherche pas à tout contrôler en n’hésitant pas, par exemple, à se faire aider en cuisine. Ralentir ses faits et gestes est également un bon exercice pour mieux s’ancrer dans l’instant présent. Cela peut passer par remuer avec délicatesse un plat mijoté (plutôt que de le battre !), écouter vraiment l’autre sans penser à soi et sans prendre la parole, observer ses enfants… « Où que vous soyez, soyez-y totalement » nous dit Eckhart Tolle.

 

Comment contrôler nos pensées polluantes qui nous entraînent ailleurs ?

En adoptant un état d’esprit positif (notamment en positivant son discours intérieur), en effectuant un petit geste signal (serrer le poing par exemple) que l’on associe à un sentiment agréable tel que la confiance ou la sérénité ou encore se concentrer précisément sur ses sens (le toucher en serrant ses enfants contre soi, l’odorat en humant les odeurs de cuisine…). Entrer en action est également un bon moyen de mettre de côté ses idées parasites (proposer un jeu tous ensemble, une ballade emmitouflé, une recette gourmande à tester…).

 

Quels sont vos plus beaux souvenirs de réunion de famille ?

Des dimanches à la campagne lorsque j’étais enfant. On discutait et on riait autour de tables disposées dans l’herbe près d’un petit canal dans lequel on se baignait. Après un bon repas, on étendait des couvertures au sol pour une petite sieste familiale. J’aimais le naturel de ces moments où l’on est pleinement soi-même entouré de ses proches.

 

Recevez-vous votre famille chez vous ? Et si oui, comment faites-vous de ces moments des moments magiques ?

C’est un grand plaisir que de recevoir ma famille ! Pour faire de ces moments des moments singuliers, je mise beaucoup sur la cuisine. Préparer de bons petits plats invite à prendre encore plus de plaisir à se retrouver autour d’une table et à y rester plus longtemps ce qui offre l’occasion de discuter, d’échanger des anecdotes, de refaire le monde. Puis j’aime aussi apporter une touche d’originalité en proposant par exemple à la fin d’un repas un jeu de mime (qui déclenche facilement des fous rires) ou encore une balade sous les étoiles après un dîner. J’aime aussi lorsque la famille dort sur place, cela laisse plus de temps pour profiter ensemble.

 

Livre

« Mon année slow », Plume de Carotte, 17€.

Fêtes et petites colères…

Les fêtes de fin d’année, l’an dernier ? Un fiasco. Votre fils de 2 ans a éclaté en sanglots au moment de l’ouverture des cadeaux et sa sœur de 4 ans est partie bouder dans sa chambre la moitié de la soirée… Quelques explications de Madeleine Deny, auteure de Bien réagir face aux colères – Les éviter, les désamorcer, paru aux éditions Nathan…

Pourquoi ces pleurs ?
Gérer ses émotions n’est pas chose facile pour un jeune enfant. Il y a l’attente, l’excitation et, parfois… la déception. Au lieu de la lettre au Père Noël où l’on liste des jouets de manière générique (une poupée, un robot, un déguisement, un vélo, etc.), nos enfants découpent désormais les photos des catalogues pour les coller sur une feuille. Et quand arrive le jour J et que le cadeau n’est pas exactement ce que l’enfant a imaginé, il reste abasourdi. Le Père Noël s’est-il trompé ? Ne m’aime-t-il pas assez pour me donner les jouets que je voulais ? La magie de Noël a alors un goût amer pour ces petits : il y a ceux qui ont le cœur gros mais qui ne disent rien et d’autres, plus sensibles, qui pleurent…

Comment réagir ?
Les enfants sont des personnes à part entière, très joyeuses et qui se contentent de très peu de chose pour bien s’amuser. Les colères sont souvent dues à l’effet de surprise, à un changement de programme ou à une attente excessive comme dans ce cas. Les rendre heureux ce jour-là, c’est éviter, autant que possible, de réduire Noël aux cadeaux, en leur parlant de la joie de se retrouver tous ensemble, de décorer le sapin, des cousins qui seront là, des parties de cache-cache à venir, de confectionner ensemble de délicieux gâteaux…

Autre écueil : les enfants ont parfois beaucoup trop de jouets « à gérer » le jour de Noël et leurs réactions peuvent être surprenantes, comme de jeter un cadeau en criant « je l’aime pas » uniquement parce qu’ils n’arrivent pas à le détacher de son emballage ! On peut alors très facilement éviter les mauvais comportements en leur apportant de l’aide, en leur laissant prendre leur temps. Et attention : pas de mots négatifs du genre « qu’est-ce que tu es gâté », « on se demande si tu le mérites, car tu m’as fait une colère hier soir… ». Cela n’a aucune vertu, à part culpabiliser l’enfant qui se sentira mal et qui l’exprimera à un autre moment à vos dépens.

Comment les calmer ?
En cas de colère « terrible », il est bon de se retirer avec son enfant pour le rassurer, car se mettre en colère n’est pas drôle, mais épuisant ! On se met dans un coin au calme en enserrant tendrement mais fermement son enfant : « je suis là, je sais que tu es en colère, ça va passer », ces 3 phrases pouvant être répétées en boucle, jusqu’à ce que le poison de la colère s’éteigne. Ensuite, on se requinque : un verre d’eau, un bon lavage de figure pour se sentir tout beau, tout frais… et on revient faire la fête ! Et personne ne commente l’épisode ni ne fixe le malheureux qui s’est laissé emporter par la colère.

Comment anticiper ?
La veille, expliquez-leur le programme de la journée du lendemain pour les préparer mentalement. Et n’oubliez pas de satisfaire leurs besoins essentiels, comme de manger à heures fixes. Préférer leur donner un « en-cas » à midi, quitte à ce qu’ils ne mangent rien au traditionnel festin de Noël de 13h30, évite par exemple les colères « de ventre creux » qui explosent pile à l’heure de l’apéritif devant toute la famille…

 

Livre

Bien réagir face aux colères – Les éviter, les désamorcer
Nathan, 7,90€.

 

Mobile à offrir, de Claudia Schaumann

Voici une idée de cadeau pour ton petit frère ou ta petite sœur. Demande de l’aide à un adulte pour tout préparer et enfiler l’aiguille : le reste est très simple.

Ho ! hisse, moussaillon !

 

Matériel

  • Du papier cartonné blanc, rose, noir et dans différents tons de bleu
  • De la peinture à l’eau bleue
  • Une vieille brosse à dents
  • Une baguette en bois
  • Du Masking Tape
  • Une pince à épiler et des ciseaux
  • Un crayon à papier
  • Une aiguille et du fil à coudre blanc

 

Tuto

  1. Trempe la brosse à dents dans la peinture bleue et asperge-la sur les cartons colorés bleus en passant ton pouce tout le long des poils de la brosse, tout en appuyant dessus (très amusant !).
  2. Enroule quelques bandes de Masking Tape autour de la baguette, puis peins-la pour qu’elle ait de belles rayures. Quand la peinture est sèche, enlève le Masking Tape délicatement à l’aide de la pince à épiler.
  3. Dessine les vagues, les yeux, un nez, une bouche, une pipe, des poissons, un col et ce que tu veux d’autre sur les papiers cartonnés.
  4. Découpe les pièces et dispose-les sur une table pour voir ce que cela donne.
  5. Passe le fil dans une aiguille et fais plusieurs nœuds au bout. Pique l’aiguille dans le haut de chaque pièce et passe-la 2 fois pour que les pièces ne puissent plus bouger sur le fil. Si plusieurs pièces se chevauchent, enfile-les sur le même fil.
  6. Enfin, fixe l’extrémité du fil à la baguette en y faisant un nœud.

 

Portrait

Qui n’aurait pas rêvé d’avoir une institutrice comme Claudia Schaumann ? Professeure des écoles et journaliste allemande, Claudia Schaumann a un talent fou pour imaginer des loisirs créatifs à la fois beaux et faciles à faire. Son inspiration ? Ses 4 enfants, avec qui elle passe ses WE à bricoler (son 4e est encore bébé). Et comme elle aime partager, elle poste, jusqu’à 3 fois par semaine, leurs créations sur son blog lifestyle : une mine d’idées à portée de clic !
www.wasfuermich.de

 

Livre
Tamponner, découper, pulvériser, coller… : Claudia Schaumann met en scène avec ses enfants plus de 30 activités pour travailler de ses petites mains et s’émerveiller. Cela donne un livre à part (dès 4 ans) et des « œuvres » que l’on a très envie d’encadrer !

« 30 activités pour artistes en herbe », de Claudia Schaumann. Glénat Jeunesse, 19,90€.

 

 

Couronne de l’Avent, de Marlène, du blog « OUIOUIOUI Studio »

Quelques branches et des pommes de pin ramassées en forêt avec les enfants, de l’eucalyptus bleuté dégoté au marché (qui reste beau même quand il sèche), une guirlande lumineuse, 24 petites maisons de papier… et voici un calendrier de l’Avent à fabriquer fissa avant le 1er décembre. À vos ciseaux !

 

Tuto

  1. Profitez d’une balade en forêt pour ramasser des branches fines et, à l’aide de ficelle, nouez le tout jusqu’à former une couronne d’environ 1 m de diamètre. Enroulez ensuite une guirlande lumineuse.
  2. Accrochez tout autour, ou sur une partie seulement, de l’eucalyptus (ou un feuillage de votre choix).
  3. Téléchargez sur ouiouiouistudio.blogspot.fr (encart sur la colonne de droite) les 12 planches des petites maisons et imprimez-les sur du papier un peu épais (160 g).
  4. Découpez chaque maison en marquant les plis. Aidez-vous d’une règle et d’un cutter avec lequel vous effleurerez le papier : vous obtiendrez ainsi des angles bien nets. Avant de fermer le fond, piquez une aiguille avec du fil dans le toit, aiguille que vous repasserez en sens inverse avant de faire un gros nœud pour bloquer la boucle.
  5. Déposez une petite surprise (ou plusieurs, selon le nombre d’enfants) dans chaque maison (bonbons, mots doux, petits jouets…), puis accrochez-celles-ci sur la couronne de feuillage.

Portrait

Architecte de formation, Marlène a l’accent chantant des gens du Sud. En 2012, elle ouvre son blog déco et commence à poster ses coups de cœur et ses DIY léchés. Ses « broutilles fleuries » régalent les « aficionados » d’Instagram, et les cartes postales et affiches de son blog (à télécharger gratuitement dans la rubrique « Graphisme ») sont à l’image de sa personne : solaires et généreuses. Une belle aventure digitale, qui a forgé, petit à petit, sa réputation de scénographe. Attention : talent !
www. ouiouiouistudio.blogspot.fr
www.instagram.com/ouiouiouistudio

Rudolfs à croquer, d’Anne-Sophie Rischard, du blog « Fashion Cooking »

Savez-vous comment s’appelle le 9e renne du Père Noël ? Celui qui, grâce à son gros nez rouge, guide Santa Claus durant sa distribution de cadeaux ? Rudolf ! Et bien voici comment le déguster…

Ingrédients

(pour 30 sablés environ)

  • 110 g de beurre doux bien froid, coupé en morceaux
  • 110 g de sucre en poudre
  • 1 œuf
  • 275 g de farine
  • 45 g de Maïzena
  • 20 g de chocolat
  • une pincée de sel
  • 1 c. à c. d’extrait de vanille
  • 1 poche à pâtisserie (avec une douille fine et lisse)
  • des bonbons rouges pour le nez (de type M&M’s plats ou Skittles)

Recette

  1. Préchauffez le four à 180 °C.
  2. Mixez le beurre en morceaux, le sucre, la farine, la Maïzena, l’extrait de vanille et le sel jusqu’à obtention d’un mélange sablé.
  3. Ajoutez l’œuf et mixez à nouveau jusqu’à ce que la pâte commence à former une boule.
  4. Sur une feuille de papier sulfurisé, étalez la pâte sur 4 mm d’épaisseur et pré-découpez les biscuits à l’aide d’un emporte-pièce rond (7 cm de diamètre env.), sans décoller les formes. Placez la pâte au réfrigérateur : au bout de 15 min, les biscuits se décolleront sans souci !
  5. Enfournez pour 10-12 min puis laissez refroidir complètement sur une grille.
  6. Faites fondre le chocolat. Versez-le dans la poche à pâtisserie et dessinez 2 yeux et 2 bois de renne sur chaque biscuit.
  7. Enfin, collez un bonbon rouge avec 1 pointe de chocolat pour former le nez.
  8. Et voici Rudolf, notre renne-GPS !

Les biscuits se conserveront au moins 3 semaines dans une boîte hermétique à l’abri de l’humidité… Mais si vous voyagez, décorez-les plutôt à l’arrivée au risque de perdre quelques bouts de nez !

Merci aux mamans qui ne cuisinent pas : elles font de grands chefs ! Pour compenser les repas Picard de son enfance, Anne-Sophie fait ses premiers gâteaux enfant, épaulée par ses 2 mères grands. Un blog et une victoire à l’émission « Le Meilleur Pâtissier » (en 2014) plus tard, et notre autodidacte, jeune maman de 2 enfants, fait de sa passion son métier. Elle réalisent désormais des vidéos gourmandes pour 2 chaînes Youtube (« NotreFamilleCuisine » et « Tastemade ») tout en continuant son blog, qu’elle alimente toujours avec enthousiasme de recettes aussi esthétiques que faciles à faire !
www.fashioncooking.fr
www.youtube.com/NotreFamilleCuisine
www.youtube.com/Tastemadefr

 

Vos enfants sont intelligents, multiplement intelligents !

« Tout le monde est un génie. Mais si tu juges un poisson sur sa capacité à grimper aux arbres il passera sa vie à croire qu’il est stupide. » Cette phrase d’Einstein est plus que d’actualité : on sait aujourd’hui que l’intelligence est multiple et ne se limite pas à être un crac en maths. Les enfants recèlent en eux de multiples talents !

 Selon Howard GARDNER, professeur en éducation et en psychologie à Harvard, l’intelligence est en effet multiple : les capacités logico-mathématiques et langagières, auxquelles il est habituellement fait référence quand on parle d’intelligence, ne représentent en réalité qu’une partie des multiples intelligences que possède chaque individu. Celles-ci sont au nombre de 8 (ou 9 : voir le bonus plus bas) et présentes, dans des proportions différentes, en chacun de nous. Nous en possédons tous une combinaison unique !

QUELLES SONT CES 8 INTELLIGENCES ?

  1. L’intelligence intra-personnelle
    Capacité à avoir une bonne connaissance de soi-même, de ses forces et faiblesses et de savoir tirer parti de l’expérience.
  2. L’intelligence interpersonnelle
    Capacité à entrer en relation avec les autres, à être sensible aux autres et les à comprendre, à percevoir et à discriminer les humeurs, les motivations et les émotions des autres.
  3. L’intelligence corporelle-kinesthésique
    Capacité à utiliser son corps d’une manière fine et élaborée, à s’exprimer à travers le mouvement, à être habile avec les objets.
  4. L’intelligence musicale-rythmique
    Capacité à être sensible aux sons, aux structures rythmiques et musicales, aux timbres sonores, aux tonalités, aux mélodies.
  5. L’intelligence naturaliste
    Capacité à être sensible à la nature, à explorer la nature sous toutes ses formes.
  6. L’intelligence logico-mathématique
    Capacité à raisonner, calculer, quantifier, à tenir un raisonnement logique, à émettre des hypothèses, à manipuler les symboles, à organiser l’information.
  7. L’intelligence spatiale
    Capacité à visualiser et à se représenter mentalement des idées, à observer et percevoir le monde visible avec précision dans ses 3 dimensions.
  8. L’intelligence verbale & linguistique
    Capacité à utiliser des mots et le langage sous différentes formes.

Howard Gardner étudie la pertinence d’en ajouter une 9e : l’intelligence existentielle ou spirituelle, aptitude à se questionner sur le sens et l’origine des choses.

EN PRATIQUE ?       

 L’intérêt de cette théorie est (lui-aussi) multiple et nous incite à…

… poser un autre regard sur notre enfant
Il n’est plus question de survaloriser certaines compétences au profit d’autres mais d’accueillir sans hiérarchisation les talents de chacun. Prenons le temps de regarder nos enfants, d’observer leurs activités spontanées, sans attente ni jugement. Pour entretenir la confiance en soi de chacun des membres de la famille : affichez l’affiche des 8 intelligences sur le frigo !

… nous appuyer sur les intelligences fortes de l’enfant pour accompagner son développement global
Grâce à l’observation de ses centres d’intérêt et de ses points forts vous pouvez lui proposer des activités qui facilitent son apprentissage et lui permettent de développer d’autres compétences. Vous souhaitez lui faire découvrir les pays du monde ? Proposez-lui un Atlas à colorier ou en puzzle s’il a une intelligence visuel et spatiale forte, faites-le chanter sur des musiques du monde s’il a une intelligence rythmique et musicale forte, lisez-lui des contes des différents pays s’il a une intelligence verbale et linguistique, etc.

Point de vigilance : l’intérêt du travail de H. Gardner est de comprendre que l’enfant a un potentiel multiple mais aussi évolutif. Attention donc de ne pas utiliser la grille des 8 intelligences pour poser une étiquette permanente « Tu es bon en maths, mauvais en sport » !

Affichez sur votre frigo les 8 intelligences illustrées par Marie Paruit : vos enfants n’en reviendront pas d’être aussi talentueux !

Les Moomins attendent Noël

Cet hiver, les Moomins reviennent au cinéma dans le film « Les Moomins attendent Noël » ! Pour la première fois, la petite famille va préparer et célébrer cette fête…

Nous ne vous en disons pas plus, nous vous laissons découvrir la bande-annonce avant d’aller voir le film au cinéma !

 

Véritable phénomène dans tout le Nord de l’Europe, les Moomins sont nés en 1945 sous le coup de crayon de la Finlandaise Tove Jannson. Ces gentils trolls aux allures d’hippopotames qui vivent dans une vallée reculée de Finlande, sont des êtres généreux et tolérants. Leur renommée est internationale. De l’Allemagne au Japon, en passant par la Russie, les Moomins se retrouvent aujourd’hui partout : au musée, sur les tasses, les papiers-peints… et au cinéma bien sûr !

 

Sortie le 29 novembre 2017

A partir de 3 ans – durée : 1 h 19 mn

Un conte peut en cacher un autre

« Vous croyez connaître ces histoires, vous vous trompez. Les vraies sont bien plus noires… »

Roald Dahl aurait sûrement été enchanté par cette adaptation à la fois très fidèle et très libre de son roman. Les réalisateurs, à qui l’ont doit déjà Le Gruffalo ou La Sorcière dans les airs, s’en sont donné à cœur joie pour revisiter, avec un humour délicieusement décalé, l’univers des contes de notre enfance.

« Le Petit Chapon Rouge », « Les Trois Petits Cochons », « Blanche-Neige »… Ces histoires, racontées avec un humour féroce par le Loup narrateur feront à coup sûr frissonner de peur et de plaisir petits et grands !

Notre coup de coeur de la rentrée !

 

Un film de Jakob Schuh et Jan Lachauer

Sortie nationale le 11 octobre. A partir de 6 ans. Toutes les actualités autour du film sur lesfilmsdupréau.com

Jouez et tentez de gagner 1 lot* « Un conte peut en cacher un autre » en invitant 3 amis à participer entre le 4 et 15 octobre sur notre page Facebook

Petite Salamandre-Salamandre Junior

Vos kids sont passionnés par la nature et par les petites bêtes qui la peuplent ? Pour tous les petits curieux ou grands explorateurs, découvrez les revues Petite Salamandre et Salamandre Junior ! 

  • La Petite Salamandre offre aux tout-petits les clefs pour comprendre et aimer la nature. Elle aiguise la curiosité des enfants de 4 à 7 ans en leur proposant d’aller observer, écouter, toucher la nature sauvage « pour de vrai » et tout près de chez eux. Au programme : un dossier illustré, des activités de saison, des jeux, des histoires, du bricolage et des recettes de cuisine…
  • La Salamandre Junior accompagne les jeunes explorateurs de 8 à 12 ans sur les sentiers d’une découverte active de leur environnement ! Dans le jardin, sur le chemin de l’école, dans la forêt, au bord d’un étang… la nature est partout, comme un vaste terrain de jeu, tout près de chez soi. Au programme : un grand dossier, des jeux, des recettes, des infos de saison, une BD d’aventuriers et des expériences étonnantes à faire avec ses copains…

Et pour la rentrée, profitez-en ! Un numéro vous sera offert pour tout nouvel abonnement à l’une des revues en entrant le code promo BUBBLE17
Rendez-vous sur Petite Salamandre

 

Feuilles d’Automne

L’automne est là ! L’occasion de chouettes promenades dans la forêt pour aller ramasser de belles feuilles aux couleurs ocres. Une fois à la maison profite de ta récolte pour te lancer dans d’amusantes créations !

MATÉRIEL
des feuilles de toutes sortes ramassées dans la forêt,

de la colle,

du papier coloré,

des feutres

 

TUTO

  1. Compose des formes à l’aide des feuilles sur un papier de coupeur : les animaux et les visages sont les plus rigolos !
  2. Colle ta création sur le papier.
  3. Avec l’aide des feutres, dessine quelques détails.
  4. Imagine d’autres « sculptures » automnales et collectionne-les !

 

 

 

 

Dans la forêt enchantée de Oukybouky

Adapté d’un album de Thorbjørn Egner – l’une des figures les plus populaires de la littérature jeunesse norvégienne –, ce joli film d’animation en volume prône le « vivre ensemble » et la solidarité, tout en musique et dans la bonne humeur. Il nous rappelle avec humour que l’union fait la force et qu’une société ne peut prospérer qu’en appliquant quelques règles élémentaires… comme celle de ne pas dévorer son voisin !

Sortie nationale le 4 octobre.

Sablés des émotions

Journaliste en gastronomie et pâtissière, Marion Beilin conseille hôtels, restaurants, chefs et pâtissiers, tout en publiant moult livres de cuisine. Dans son dernier ouvrage, elle s’est amusée à décliner sur des sablés ces émoticônes* qui ont envahi notre quotidien.
Une recette rigolote, à faire avec les enfants pour les familiariser avec leurs humeurs !

Ingrédients
(pour 35 sablés environ)

Pâte

  • 150 g de farine
  • 130 g de sucre en poudre fin
  • 125 g de beurre
  • 35 g de poudre d’amandes
  • 1 blanc d’œuf

Glaçage

  • 300 g de sucre glace
  • 1 blanc d’œuf
  • 2 c. à c. de jus de citron
  • Colorants alimentaires de différentes couleurs

 

Mode d’emploi

 

  1. Coupez le beurre en morceaux. Mélangez le sucre, la farine et la poudre d’amandes. Ajoutez le beurre, puis mélangez du bout des doigts. Quand la pâte a une consistance sableuse, ajoutez le blanc d’œuf battu. Mélangez jusqu’à obtenir une pâte homogène. Formez une boule, aplatissez-la un peu. Enveloppez-la dans du film plastique et déposez-la au réfrigérateur 30 min minimum.
  2. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6). À l’aide d’un rouleau fariné, étalez la pâte réfrigérée sur une épaisseur de 3 mm environ. Avec un emporte-pièce ou un verre, découpez des petits sablés et déposez-les sur une plaque recouverte de papier sufurisé. Enfournez-les 10 min, puis sortez-les et laissez-les refroidir.
  3. Préparez le glaçage royal : mélangez le blanc d’œuf avec le jus de citron. Ajoutez le sucre glace petit à petit, tout en remuant (ajoutez quelques gouttes d’eau si le mélange est trop compact). Mais attention : le glaçage ne doit pas être trop liquide, car il servira à tracer le contour des biscuits.
  4. Divisez le glaçage en 2 parties : un tiers et deux tiers. Ajoutez dans les deux tiers quelques gouttes de colorant jaune. Divisez le tiers restant en deux ou trois parties, selon les couleurs souhaitées, et ajoutez quelques gouttes de colorant. Mélangez bien. Remplissez une poche à douille – munie d’une douille à « écriture » n° 2 ou n° 3 (ce sont des douilles fines) – d’un peu de glaçage jaune, puis tracez le contour des biscuits. Laissez sécher 30 min. Diluez un tout petit peu le glaçage jaune en y ajoutant quelques gouttes d’eau et remplissez-en l’intérieur des contours tracés. Laissez sécher 1 h environ.
  5. Remplissez d’autres poches à douille avec les autres glaçages colorés. Sur les biscuits, dessinez les visages. Par exemple : les yeux, la bouche et les sourcils avec le colorant noir ; des larmes, des gouttes d’eau ou des ZZZ avec le colorant bleu et les dents avec le colorant blanc.

 

Le livre

Galette ébahie aux courgettes, tortilla bisou, biscuits « regard en coin », cupcake « crotte de chien », gâteau aux pommes plein d’amour, panna cotta en colère… Dans son dernier livre, Marion a troqué sa toque pour devenir « psychologue » culinaire, en prêtant à ses tartes, gâteaux, biscuits, macarons et autres préparations une multitude d’émotions. On hésiterait presque à croquer dedans !

« Gâteaux émoticônes – À faire seul ou avec les enfants », de Marion Beilin. Éd. Solar (coll. J’adore !), 9,95 €.

 

* Une émoticône (ou Emoji) est un petit dessin symbolique d’une émotion, d’un état d’esprit, d’une ambiance… utilisé dans un discours écrit. Formé à l’origine par la combinaison de plusieurs caractères typographiques, comme le smiley :-), il se décline aujourd’hui sous la forme de petites images fixes ou animées, telles que .

Les enfants les plus heureux du monde

Pays du bonheur, le Danemark squatte le top des classements internationaux*. Mais quel est son secret ? C’est la question que Jessica-Joelle Alexander (chroniqueuse américaine mariée à un Danois) et Iben Dissing Sandahl (psychothérapeute danoise) se sont posée en analysant la manière dont les Danois élevaient leurs enfants. Car qu’est-ce qu’un adulte heureux sinon un enfant à qui l’on a appris le bonheur ? Réponses.

 

  1. L’importance du jeu libre

Moins portés sur la performance, moins « obsédés » par la compétition, les parents danois laissent à leurs enfants de nombreux moments de jeu « libre ». Point de cours de guitare, d’entraînement de foot ou d’ateliers culturels à outrance. Au contraire : les enfants danois passent beaucoup de temps à jouer seuls ou en groupe, sans aucune directive, mais en inventant leurs propres jeux, en laissant leur imagination les guider, l’ennui les stimuler… Le Danemark est d’ailleurs l’inventeur du LEGO***, jeu libre par excellence !

De leur côté, les parents n’interviennent que si cela est absolument nécessaire, afin de laisser les enfants se débrouiller seuls et faire leurs expériences par eux-mêmes en se confrontant au réel et au groupe. Le meilleur moyen, selon eux, pour développer la confiance en soi et la résilience** ainsi que le self-control et la coopération.

 

  1. L’authenticité
    Le cinéma est une bonne illustration de ce que les Danois entendent par authenticité : à la différence des films de Disney, les scénarios danois finissent rarement bien. Comme dans la vie, les happy ends sont rares. Aucun pessimisme là-dedans. Mais la conviction que nos difficultés et nos souffrances nous font davantage grandir que nos réussites, développent notre empathie envers les autres et notre capacité à apprécier les petits bonheurs simples de la vie. D’un point de vue éducatif, ce souci d’authenticité est primordial dans la manière dont les parents félicitent leurs enfants. Ils ne vont pas les couvrir de louanges à chaque prouesse (« Quel dessin magnifique ! »), ni se focaliser sur le résultat (« 18 en maths ! Mais tu es super fort ! »), mais plutôt relever les moyens mis en œuvre par l’enfant (« Comment as-tu réussi à dessiner ces nuages ? », « Comment as-tu fait pour obtenir une si bonne note ? ») afin de leur donner les clés pour récidiver et s’améliorer. Si l’enfant a une mauvaise note, ils vont chercher ensemble les moyens de progresser. Nul jugement définitif (« Tu es le meilleur », « Tu es nul »), mais des solutions et la transmission du goût de l’effort.

 

  1. Le recadrage : l’optimisme réaliste
    Au Danemark, le recadrage n’est pas de « remettre » du cadre, mais de « changer » le cadre ! Toute situation délicate, voire catastrophique, peut se transformer en opportunité (Vous êtes dehors et il pleut ? Chouette, c’est le moment de jouer au Monopoly !). Cette « capacité à injecter un point de vue positif » permet aux parents danois d’éviter bien des crises du quotidien. C’est ainsi qu’ils ne réduiront jamais un enfant à un défaut (« il est paresseux »), mais utiliseront un langage constructif qui amènera l’enfant à comprendre quelles sont les causes de ses réactions. De même pour l’erreur : celle-ci n’a rien de négatif, au contraire, car c’est le chemin vers la réussite. Ainsi, ils disent plutôt à un enfant qui peine : « Tu n’as pas encore réussi » au lieu de « Tu t’es encore trompé »…

 

  1. Aucune violence physique, ni verbale

Les parents danois sont autoritaires (il ne faut pas croire que la bienveillance empêche les règles !) mais « réceptifs » : ils exigent de la discipline tout en soutenant et en encourageant leurs enfants. Non seulement ils ne frappent jamais leur progéniture – la fessée est d’ailleurs interdite au Danemark depuis 1977 –, mais ils ne crient que très rarement : leur rôle est de rester calmes et de se maîtriser.

Comment font-ils ? Ils savent qu’il est naturel aux enfants d’avoir des passages difficiles ; ils savent séparer l’enfant de son comportement ; ils savent ne pas s’alarmer de tout et, enfin, évitent autant que possible les rapports de force, cherchant plutôt des solutions « gagnant-gagnant ».

 

  1. Le Hygge : se sentir relié aux autres

Très à la mode, le Hygge**** (se prononce « hu-gueu ») est un mélange d’art de vivre, de convivialité et de philosophie. Les Danois se réunissent très souvent en famille ou entre amis, tissant ainsi tout un réseau de proximité et de relations avec les autres. Et cela de manière toujours bienveillante, loin de l’individualisme ambiant de nos sociétés actuelles.  Le « nous » prend le pas sur le « je », chacun participe au collectif, chacun laisse ses soucis à sa porte et évite de parler mal des autres et aux autres ; les vantards sont rares et l’humilité domine…

 

Bienveillance, absence de jugement, respect, qualité du lien, solutions « gagnant-gagnant » : ces ingrédients rappellent étrangement les bases de « la parentalité positive »…

 

* Chaque année, le Danemark est dans le top 5 (quand il n’est pas 1er !) du Better Life Index (Indicateur du vivre mieux, en français) de l’OCDE et du World Happiness Report (Rapport mondial sur le bonheur, en français).


** Résilience : ce mot désignant au départ l’aptitude d’un corps à résister à un choc a été étendu à l’homme, notamment par Boris Cyrulnik dans son livre « Un merveilleux malheur », qui la définit comme « La capacité à réussir à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d’une adversité qui comporte normalement le risque grave d’une issue négative. »

 

*** Au départ en bois, les LEGO ont été inventés par un charpentier danois en 1932, qui a contracté l’expression « Leg godt » – qui signifie « jouer bien » – en LEGO.

 

**** Le terme « Hygge » vient de l’allemand « hyggja », qui signifie « se penser ou se sentir satisfait ».

 

Visuel du livre « Comment élever les enfants les plus heureux du monde ».

« Comment élever les enfants les plus heureux du monde », de Jessica-Joelle Alexander et Iben Dissing Sandahl, présenté par Isabelle Filliozat, JC Lattès, 16€.

 

État d’esprit « fixe » ou « de développement »

Professeure de psychologie sociale à l’université Stanford en Californie, Carol S. Dweck a cherché à comprendre ce qui faisait qu’un individu réussissait là où un autre échouait. Dans son livre Changer d’état d’esprit : Une nouvelle psychologie de la réussite (Mindset: The New Psychology of Success) publié en 2006, elle classe les individus en 2 catégories : ceux qui pensent que leurs réussites sont fondées sur une capacité innée et ceux qui pensent quelles sont le fruit de l’effort et de l’apprentissage. Les premiers auraient un état d’esprit « fixe » ; les seconds, « de développement ». Or, les individus à l’état d’esprit fixe craignent l’échec car ils ont peur de perdre leur statut et ont associé l’idée de l’effort à un manque d’intelligence, alors que les individus avec un état d’esprit de développement s’en soucient beaucoup moins car ils savent que leurs performances peuvent être améliorées…

 

Une maman « bienveillante »

D’un côté, la théorie. Ici, la réalité ! Sur son blog « Cool Parents make Happy Kids », Charlotte Ducharme – maman de 2 enfants de 2 et 5 ans – nous initie aux arcanes de la parentalité positive avec des exemples concrets vécus avec sa tribu. Devant le succès de son blog (plus de 40 000 fans sur Facebook ; plus de 20 000 lecteurs assidus à sa newsletter), elle a publié un excellent livre au titre éponyme. Interview.

 

Où avez-vous appris la parentalité positive ?

Bonne question… Je ne l’ai pas apprise à vrai dire, mais je l’ai mûrie tout au long de ma vie. J’ai eu la chance d’avoir une grand-mère extraordinaire avec qui nous échangions beaucoup sur les relations humaines : elle était un modèle pour moi dans sa façon d’être. Et puis j’ai travaillé près de 10 ans dans les ressources humaines, j’ai assisté à de nombreuses conférences et événements professionnels, ce qui a enrichi mes convictions, ensuite confirmées par quelques lectures. Mais l’essentiel, je crois, est que je suis particulièrement sensible au ressenti des enfants. Je suis naturellement très empathique avec eux, et c’est ce que j’essaie de transmettre aux parents qui me lisent.

 

Quels en sont les principes essentiels ?

Le principe essentiel est de garder en tête qu’un enfant apprend avant tout par imitation. Si l’on crie pour qu’il se tienne bien à table, on lui apprend d’abord à crier. Rien de plus efficace en revanche que de lui montrer l’exemple. L’objectif est de se comporter avec nos enfants comme nous aimerions qu’ils se comportent avec les autres. En cherchant à obtenir des choses par la force, les menaces ou les critiques, tout ce que l’on apprend à un enfant, c’est à faire de même avec ses camarades, et plus tard avec ses amis, sa famille et ses collaborateurs. On reproduit toujours ce que l’on a vécu chez soi, auprès de ses parents et notamment les mêmes modes de communication.

Le 2e principe est de sortir du rapport de force. Lorsqu’on demande quelque chose à un enfant, l’important est qu’il comprenne pourquoi on le lui demande. Les menaces et les punitions ne sont vraiment pas le meilleur moyen pour y arriver ! Au contraire, elles attaquent directement l’enfant et lui font perdre sa confiance en lui.

Au fond, si je veux que mon enfant arrête de taper sur son copain, est-ce que je veux qu’il le fasse parce qu’il comprend que ça fait de la peine à son ami, ou simplement parce qu’il a peur que je le punisse ? Est-ce que je veux que mon enfant débarrasse la table parce que sinon je risque de me fâcher, ou parce qu’il sait que ça m’aide vraiment ?

Enfin, le 3e principe important, c’est de ne surtout pas lui coller d’étiquette. Il n’existe pas d’enfant intrinsèquement méchant, indiscipliné ou colérique. S’il adopte ce type de comportement, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Et, en tant que parents, nous devons l’aider à trouver et à exprimer ce problème, plutôt que de sanctionner ses mauvais comportements qui ne sont finalement qu’un symptôme.

 

Qu’entendez-vous par « rapport de force » ?

Je vous donne un exemple concret : vous dites 4 fois à votre enfant de venir de mettre ses chaussures et il ne vient pas. Vous pouvez vous énerver et avoir le sentiment qu’il n’obéit pas « pour vous embêter ». Mais il est peut-être simplement absorbé par son activité…

En s’énervant (« Maintenant, tu mets tes chaussures, et tout de suite ! »), on perd de vue l’objectif initial (mon enfant doit mettre ses chaussures car on doit partir) et l’on poursuit un objectif d’obéissance (mon enfant doit mettre ses chaussures car je le lui demande et qu’il doit m’obéir). On rentre là dans un rapport dominant/dominé qui n’est ni efficace, ni favorable à la confiance en soi de l’enfant. Car, même si l’enfant finit par se soumettre, sa colère intériorisée pourra ressortir à tout moment, sans même que l’on puisse faire le lien.

 

Pourquoi parle-t-on d’une éducation « positive » ?

Pour la petite anecdote, ce n’est que 6 mois après avoir écrit mon blog que j’ai découvert le terme d’« éducation positive » ! Ce type d’éducation est dit « positif » car il se fonde sur des a priori positifs : l’enfant n’a aucune volonté de nuire et il n’est pas intrinsèquement mauvais. Il est également dit « positif » car il utilise des outils « positifs » en lieu et place des punitions et menaces habituelles : empathie, communication et ouverture d’esprit. Il n’existe évidemment pas de « pédagogie négative », mais l’on peut dire que la pédagogie positive s’oppose à la pédagogie « traditionnelle », coutumière des critiques, des menaces et des punitions.

 

Y a-t-il de la place pour l’obéissance et les règles ?

 Pour ce qui est de l’« obéissance », c’est plutôt une question de terminologie. Par obéissance, on entend souvent soumission : « Tu dois faire ce que quelqu’un te demande parce qu’il te le demande, et peu importe ce que tu en penses ». Or, je ne souhaite à personne de devoir obéir contraint et forcé, quitte à aller à l’encontre de ses propres valeurs ! Je préfère donc utiliser le terme de « coopération » : évidemment, je souhaite que mon enfant coopère en mettant ses chaussures, en rangeant sa chambre, en jouant avec sa soeur… Mais je préfère qu’il le fasse en comprenant et en intégrant pourquoi c’est important, et pas simplement parce que je lui fais les gros yeux ou que j’élève la voix !

Quant aux règles, je dis : oui, évidemment ! La pédagogie positive est trop souvent confondue avec du laxisme. Or, je prône au contraire l’établissement de règles sur lesquelles on ne transige pas. Ce qui va changer dans l’éducation positive, c’est la façon que l’on aura de faire respecter ces règles.

 

Qu’est-ce qui est le plus difficile à appliquer ?

 Lire mon livre, c’est facile, et ça donne généralement envie de continuer dans cette voie.

Mais le plus difficile, c’est d’adopter ce nouveau point de vue. C’est d’arriver à prendre le recul nécessaire pour ne pas être en « réaction » en laisssant jaillir sa colère, mais de savoir temporiser pour comprendre la situation et y répondre de façon adaptée. Pour y parvenir, il faut apprendre à se calmer, à atteindre une certaine sérénité… Attention : je ne dis pas qu’il faut devenir un maître zen du jour au lendemain pour être un bon parent ! Il y aura toujours des moments de colère et de stress, des jours où nous nous ne saurons pas faire autrement que de nous énerver. C’est normal, et ça a même quelque chose de rassurant pour l’enfant : mon parent n’est pas parfait, lui non plus ; ça lui arrive de sortir de ses gonds et de dire ou de faire n’importe quoi !

 

Quand l’un de vos enfants ne vous écoute pas et refuse de mettre son manteau, par exemple, comment réagissez-vous ?

Pour l’exemple, c’est un non-sujet chez nous (je vous rassure, on en a d’autres !). Personnellement, je n’ai jamais obligé mon enfant à mettre son manteau : un enfant qui a froid voudra mettre son manteau, mais pas quand il est encore au chaud à la maison. Dans ce cas, je prends son manteau sous le bras et, une fois dehors, je le lui enfile.

On a aussi souvent l’impression que nos enfants ont froid alors qu’ils bougent beaucoup plus que nous, et qu’ils devraient par conséquent avoir beaucoup plus chaud ! Mais il n’y a aucune raison pour qu’un enfant qui a froid ne mette pas son manteau… quel intérêt pour lui ? Personne n’aime avoir froid ! Il faut savoir leur faire confiance.

Parfois on a tellement insisté pour que ce fichu manteau soit mis que l’enfant entre en rébellion et ne le met pas, dans l’unique but de montrer qu’il résiste et qu’il ne se laissera pas faire ! Et l’on retourne alors dans le rapport de force…

 

Pensez-vous que vos enfants soient différents des autres enfants élevés « à l’ancienne » ?

Justement, je viens de parler avec la maîtresse de ma fille ! Et – bonne nouvelle – elle n’est pas moins « docile » que les autres : elle respecte les règles et ne pose pas de souci de discipline particulier. Et puis, ce sont mes enfants,  je les trouve donc forcément extraordinaires ! Mais, par rapport à d’autres enfants, ils ont une vraie joie de vivre. On sent qu’ils sont vraiment « bien dans leurs baskets ». Ils ont suffisamment confiance en eux pour aller vers les autres et se débrouiller seuls dans plein de situations. Je pense que c’est dû au fait qu’on les a responsabilisés très jeunes. En leur montrant qu’on leur faisait confiance, on leur a fait comprendre qu’ils avaient toutes les qualités pour parvenir à leurs fins.

 

Si vous aviez un conseil à donner aux parents…

Déjà, si vous lisez cet article, c’est que vous vous intéressez à l’éducation de vos enfants, que vous avez envie de vous améliorer, et c’est déjà énorme ! Vous pouvez vous en féliciter et continuer à avancer doucement vers la bienveillance et la sérénité. Il est inutile de vouloir se transformer en parent parfait du jour au lendemain. L’important est de prendre conscience que l’on peut s’améliorer petit à petit. Et, pour cela, la clé est d’arriver à atteindre le calme et la sérénité. N’oubliez pas : « Cool parents make happy kids », alors prenez soin de vous !

 

« Cool Parents Make Happy Kids », 15,90€, Marabout.

Des règles qui font grandir

Voilà bien l’une des plus difficiles missions des parents du XXIe siècle que celle de trouver un compromis entre les deux repoussoirs éducatifs que sont le laxisme et l’autoritarisme. Permettre à l’enfant d’intégrer les règles de vie en société, tout en cultivant son esprit critique ; assumer sa place de parent, sécurisant et protecteur, tout en aidant son enfant à développer ses goûts et sa personnalité. Missions impossibles ?

 

Pourquoi les règles sont essentielles

Toutes les sociétés humaines sont structurées autour de règles, implicites ou explicites. Si certaines ont une dimension universelle (comme l’interdiction de tuer, ou celle de l’inceste), d’autres sont au contraire très spécifiques. C’est le cas par exemple des règles de politesse ou de communication : dans certains pays d’Asie, roter à table est tout à fait acceptable, mais se moucher est le comble de la vulgarité ! Toutes ces règles assurent la cohésion de la société : ceux qui les respectent sont inclus, ceux qui les transgressent sont souvent exclus, une des raisons pour laquelle elles représentent un fort enjeu d’apprentissage.

Mais ce n’est pas tout, car nombreux sont les psychologues contemporains qui considèrent que les règles ont de surcroît une vertu de structuration mentale chez les enfants, sans lesquelles ceux-ci demeureraient en proie à leurs pulsions les plus primitives. Claude Halmos dépeint ainsi une « sauvagerie très ordinaire » qui serait « très normale tant que l’enfant n’est pas éduqué ». D’autres thérapeutes sont pourtant plus nuancés. Pour Philippe Aïm, psychiatre et hypnothérapeute, « la sécurité précède l’autonomie ». Ainsi, ce n’est pas tant la règle en elle-même qui serait structurante, mais le cadre de sécurité et de liberté que celle-ci contribue à définir.

 

Négociable, ou non négociable ?

Construire pour son enfant un cadre de sécurité plutôt qu’un cadre d’interdits, voilà une première façon de concilier autorité et bienveillance. Elle nous conduit notamment à distinguer les règles non négociables de celles qui le sont. Anna Tardos et Anne Vasseur-Paumelle, psychologues à l’association Pikler Lóczy-France*, ont ainsi défini trois types de règles :

Les règles rouges : peu nombreuses, elles portent sur la sécurité des enfants et doivent être imposées sans négociation. Par exemple : un enfant qui tente de traverser au feu rouge doit être arrêté, sans explication préalable.

Les règles roses : elles sont les plus nombreuses, ce sont les règles de socialisation qui structurent la vie quotidienne. Par exemple : se laver le soir, ne pas écrire sur les murs, ne pas crier quand quelqu’un dort. Celles-là doivent être expliquées et négociées, car c’est ainsi que les enfants pourront se les approprier.

Les orientations bleues : c’est l’ensemble des valeurs éducatives que les enfants apprennent par observation et imitation. Il est contre-productif de les imposer de manière trop rigide. Par exemple : être attentif aux autres, prêter ses jouets, s’intéresser à ce qui est appris à l’école.

 

Poser ses limites

Prendre le temps de négocier, d’expliquer, d’écouter, de trouver des compromis… ce n’est pas ça qui fera de vous un parent « laxiste » ! Bien au contraire, vous pourriez même permettre à votre enfant d’acquérir des compétences cruciales pour sa future vie d’adulte. C’est en tout cas l’avis du psychiatre Daniel Siegel et de la docteur en psychologie Tina Payne Bryson, tous deux adeptes de l’éducation positive. Dans leur livre Le Cerveau de votre enfant, ils proposent aux parents de cesser de voir les conflits du quotidien – crises de colère, d’opposition, petites transgressions – comme des échecs éducatifs pour les envisager au contraire comme autant d’occasions d’apprentissage : l’occasion de montrer aux enfants que les conflits se résolvent, que les désaccords se surmontent et que les petites bêtises se réparent.

Mais attention toutefois à ne pas s’épuiser ! Négocier avec son enfant, c’est tout de même plus facile quand on ne sort pas d’une nuit blanche ou d’une rage de dents ! Pour cette raison, il est impératif de respecter et de faire respecter ses propres limites de parent. Pour la psychothérapeute Laurence Dudek, l’éducation positive ne devrait jamais être synonyme de sacrifice ou d’oubli de soi. Dans son livre Parents bienveillants, enfants éveillés, elle conseille aux parents de ne renoncer à rien : ni à la bienveillance, ni à l’excellence, ni à l’exigence, et surtout pas à leurs besoins de parents. La raison en est simple : si l’on n’est pas bienveillant avec soi-même, on le fera payer à l’enfant, tôt ou tard.

 

Savoir dire « oui »…

De l’avis de toutes et tous, savoir dire « non » est une compétence parentale si indispensable qu’elle nous ferait presque oublier sa jumelle, ingrédient tout aussi précieux de l’accompagnement éducatif : savoir dire « oui ». Il ne s’agit pas ici du « oui » extorqué à des parents épuisés, qui chercheraient d’abord un peu de tranquillité et que d’aucuns pourraient qualifier de « démissionnaire ». C’est un « oui » plein et entier, celui qui fait du parent le roc sur lequel l’enfant va pouvoir s’appuyer, celui qui dit « vas-y, je suis là, tu peux avoir confiance en toi » et qui accompagne toutes les « premières fois » : premiers pas, première dégringolade du toboggan, première rentrée, premiers coups de pédales sur un vélo de grand…

Pour se souvenir régulièrement de la puissance du « oui », certains parents programment chaque année une « journée du oui »**. Le principe en est simple : lors de cette journée, le parent doit éviter de dire « non » aux demandes de ses enfants. Tout n’est pourtant pas permis ; quelques règles, destinées à préserver la sécurité et la sérénité de tous sans entraver la créativité, sont fixées en amont : ne rien demander de dangereux, de coûteux ou d’irréversible (comme, par exemple : se percer les oreilles). Pour beaucoup de parents qui s’y sont risqués, l’expérience s’est révélée fort instructive : ils ont découvert que les désirs de leurs enfants étaient souvent simples, drôles, créatifs, et qu’ils accordaient une place prépondérante au temps passé ensemble ; ils ont également mesuré la nécessité de permettre régulièrement aux enfants de faire leurs propres choix et de les assumer ; ils ont enfin réalisé la quantité des petites choses sur lesquelles eux-mêmes pouvaient lâcher prise sans voir s’effondrer toute leur éducation (ni leur maison !). Alors, prêts à tenter l’expérience ?

 

Bibliographie

  • Claude Halmos, L’autorité expliquée aux parents. NiL, 2008.
  • Philippe Aïm, Écouter, parler, soigner. Estem, 2015.
  • Anna Tardos et Anne Vasseur-Paumelle, Règles et limites en crèches – Acquisition des attitudes sociales. Journal de pédiatrie et de puériculture n° 7, 1991.
  • Daniel Siegel et Tina Payne Bryson, Le Cerveau de votre enfant. Les Arènes, 2015.
  • Laurence Dudek, Parents bienveillants, enfants éveillés. First, 2017.

 

* L’association Pikler Lóczy-France tente de poursuivre l’œuvre de la pédiatre hongroise Emmi Pikler, connue pour ses travaux sur la motricité libre et l’accompagnement de l’enfant.

** Voir également, en anglais : « Yes Day ».

 

L’auteure

Diplômée de Sciences de l’éducation et désormais journaliste indépendante (www.slate.fr, L’Enfant et la Vie, Grandir Autrement et maintenant Bubble Mag…), fondatrice du site participatif sur l’éducation « Les Vendredis Intellos », maman de 5 enfants et blogueuse à ses heures perdues (lapenseebuissonniere.com), Béatrice Kammerer est désormais auteure avec son 1er livre : Comment éviter de se fâcher avec la terre entière en devenant parent ? Ce titre, un brin provocateur et très marketing, cache en réalité un fond très riche et sérieusement documenté. « 35 ans et toujours pas d’enfant… Attention, il sera bientôt trop tard ! » ; « Les nouveaux pères sont-ils de meilleures mères ? » ; « Faut-il mater l’enfant roi ? » ; « Survivrons-nous à la bombe A-dolescence ? »… voici quelques-unes des questions qui fâchent sur la parentalité.

À l’opposé des livres « modes d’emploi » qui débordent de conseils et d’injonctions, cet ouvrage tente d’éclairer les bases scientifiques et idéologiques de ces éternels débats afin de permettre à chaque parent de faire le « bon » choix : celui qui prend sens pour lui, pour son enfant et sa famille.

« Comment éviter de se fâcher avec la terre entière en devenant parent ? », de Béatrice Kammerer  et Amandine Johais. Belin, 2017, 21€.

La bienveillance sur les rails

Du 2 au 20 novembre, la parentalité bienveillante investira les gares de 20 villes de France. Imaginé par l’association Ensemble pour l’Éducation de la Petite Enfance, un train transformé en expo interactive sensibilisera parents et professionnels. Une bonne occasion de se former à une manière d’éduquer scientifiquement validée…

 

 

Une approche scientifique

Ce train pas comme les autres est organisé par l’association Ensemble pour l’Éducation de la Petite Enfance. Son but ? Informer parents et professionnels de la petite enfance de la manière dont fonctionne et se développe un enfant de 0 à 6 ans afin de faire les bons choix d’éducation. Et ce, en se fondant sur les découvertes majeures en neurosciences.

 

Une exposition sur les 0-6 ans

À l’origine de ce projet, les 50 épisodes de la mini-série vidéo « Qu’est-ce qui se passe dans ta tête ? » , dédiée à la bienveillance éducative et tournée avec des enfants de 0 à 6 ans (voir ci-contre). Chacun des thèmes abordés dans la série est ainsi développé dans les voitures : la naissance et les premiers liens, le jeu et la communication, bien vivre le quotidien, agir tôt, protéger l’enfant et ses droits et « tout un village pour élever un enfant ».

train-petite-enfance-parentalite.org

 

Une 3e voix éducative

Développée en réponse à l’éducation « traditionnelle » (fondée sur l’autoritarisme et la punition) et à l’éducation de « l’enfant roi » (trop permissive), la parentalité bienveillante – qui se voit aujourd’hui confirmée dans ses principes fondateurs par les progrès de la science, comme expliqué dans les pages précédentes – repose à la fois sur le dialogue et la communication et sur un cadre rassurant.

 

Des activités pratiques

Voyageant d’une gare à l’autre, la 1re édition du Train Petite Enfance et Parentalité s’arrêtera dans les plus grandes villes de France. Dans ses voitures et sur les quais, une exposition interactive, des miniconférences, des ateliers et des vidéos autour des neurosciences, des pédagogies émergentes, du développement de l’enfant et des bonnes pratiques. Un programme passionnant, gratuit et ouvert à tous (de 10h30 à 19h).

 

 

Les dates

Paris, le 2 et 3 nov. ; Lille, le 4 ; Strasbourg, le 5 ; Nancy, le 6 ; Dôle, le 7 ; Lyon, le 8 ; Marseille, le 9 ; Toulouse, le 10 ; Bordeaux, les 12 et 13 ; Tours, le 14 ; Angers, le 15 ; Rennes, le 16 ; Saint-Malo, les 17 et 18 ; Caen, le 18 ; Paris, le 20.

 

La série de la rentrée

Comment rendre accessibles les découvertes en neurosciences et les bonnes pratiques expérimentées à travers le monde en terme de développement de l’enfant ? C’est cette question que s’est posée l’association Ensemble pour l’Éducation de la Petite Enfance, en proposant une série de 50 courts métrages tournés avec des enfants in situ. Une première.

 

Simon

Simon, 3 ans, s’essaye à tenir debout sur un module en plastique légèrement bombé. Une première chute, sans gravité, ne le décourage pas. Bien au contraire. Après un coup d’œil vers son assistante maternelle qui l’encourage à poursuivre, le revoici debout. La scène suivante nous le montre, fier et serein, le corps relevé et en équilibre sur son module ! Que s’est-il passé dans son cerveau ? Quel impact a eu cette expérience sur son développement ? Quel est le rôle de l’adulte ? C’est ce que cette série, bientôt sur les écrans de France Télévisions, nous explique à travers 50 petits films de 2 min tournés dans des situations réelles et spontanées du quotidien.

Des situations spontanées
Les enfants ont été filmés de la naissance à 6 ans, à des moments clés de leur développement. Les tournages ont eu lieu en France et au Québec, dans des crèches associatives comme Rigolo Comme La Vie, Babilou, Cap Enfants ou encore Léo Lagrange, chez des assistantes maternelles, mais aussi au square, dans la nature, à la maison…

Une approche scientifique
Chaque épisode se décline en une phase d’observation avec une scène de vie filmée à hauteur d’enfant et une voix off qui décrit la situation de manière neutre et bienveillante. Une phase d’explication sur la façon dont chaque événement et chaque émotion sont vécus par le cerveau et, plus généralement, retentissent sur le développement de l’enfant. Et, enfin, une phase de suggestions de bonnes pratiques fondées sur la bienveillance éducative pour aider les parents à accompagner au mieux le développement de leur(s) enfant(s).

Une expertise internationale
L’association s’est appuyée sur les connaissances scientifiques les plus récentes et les plus pertinentes, au travers d’un groupe de chercheurs internationaux qui étudient, depuis plus de 20 ans, le développement de l’enfant à la lumière des neurosciences et des bonnes pratiques d’ici et d’ailleurs.

Où voir la série ?

Elle sera diffusée à la rentrée sur www.idkids.com et sur les réseaux sociaux d’Oxybul, ainsi que sur le site Internet d’Ensemble pour l’Éducation de la Petite Enfance et des crèches Rigolo Comme La Vie. Et également à l’écran, sur France Télévisions, fin 2017. Elle fera partie, par ailleurs, de la formation des professionnels de la petite enfance, l’idée étant de mettre en place une cohérence des bonnes pratiques, que ce soit à la maison ou dans les lieux d’accueil…

 

www.eduensemble.org ; www.rigolocommelavie.org

 

 

Cas pratiques

Rien de tel pour apprendre que de s’entraîner avec des cas pratiques ! Voici 12 QCM, rédigés par Ève Aboucaya (coach parental, formatrice en Discipline Positive et maman de 3 enfants*) et Candice Kornberg-Anzel (journaliste, fondatrice du site Family Deal** et maman de 2 enfants), pour vous mettre dans la peau d’un parent bienveillant.

Au boulot !

 

1 Il fait 2 °C, votre enfant refuse de mettre son manteau pour sortir.

  1. A) Vous l’empêchez de sortir.
  2. B) Vous lui mettez son manteau.
  3. C) Vous le laissez sortir sans son manteau. (Bonne réponse ! Il s’apercevra tout seul qu’il a froid et vous devrez sûrement l’amener chez le toubib dans les deux prochains jours !)

2 Mathis a apporté sa figurine Batman à table alors qu’il est interdit de jouer pendant les repas.

  1. A) Vous la lui confisquez.
  2. B) Vous lui proposez de vous la donner le temps du dîner ou d’aller la mettre de côté. (Bravo ! Vous avez compris qu’il fallait lui laisser des choix à faire pour qu’il coopère à sa responsabilisation.)
  3. C) Vous le faites sortir de table.

3 Vous êtes au téléphone pour une conversation importante. Enzo joue du tambourin juste à côté de vous et ça vous agace terriblement.

  1. A) Vous lui demandez d’arrêter de jouer parce que ça vous gêne. (Bonne réponse ! Un enfant n’a pas toujours conscience qu’il dérange.)
  2. B) Vous lui hurlez dessus en lui disant qu’il est insupportable.
  3. C) Vous lui confisquez le tambourin ad vitam aeternam. 

4 Zoé, qui laisse systématiquement traîner son linge sale dans sa chambre, se plaint que son jean n’est jamais lavé à temps.

  1. A) Vous faites des machines plus souvent.
  2. B) Vous lui rappelez que vous n’êtes pas sa femme de ménage.
  3. C) Vous lui dites que vous serez ravie de laver son jean quand il se trouvera dans le panier à linge sale. (Excellente réponse ! Et n’hésitez pas à ajouter la petite touche bienveillante en lui disant que vous comprenez sa déception.)

5 Gabin est parti à l’école sans son cartable.

  1. A) Vous courez le lui apporter pendant votre pause déjeuner.
  2. B) Vous attendez le soir et lui expliquez que vous comptez sur lui pour y penser chaque matin. (Bravo ! Vous avez résisté à l’envie de lui apporter son cartable et vous le laissez se responsabiliser.)
  3. C) Vous lui faites la morale à la sortie de l’école en lui disant que ce n’est pas à vous de penser à son cartable !

6 Léonie s’apprête à traverser au feu vert sur une artère très fréquentée (attention, c’est une question piège).

  1. A) Vous l’attrapez par le col de son manteau et la tirez brusquement en arrière. (Aussi peu pédagogue que ça puisse paraître, c’est la bonne réponse ! Le danger fait partie des quelques raisons pour lesquelles les conséquences naturelles ne sont pas adaptées.)
  2. B) Vous la laissez traverser en espérant que les automobilistes l’épargneront.
  3. C) Vous lui hurlez dessus : combien de fois lui avez-vous expliqué d’attendre que le feu passe au rouge ?

7 Éléna vous envoie en pleine poire un « Papa, t’es le plus méchant papa de la Terre, de la planète et de tout l’univers ! »
A)
Vexé, vous lui répondez : « Et toi, t’es la petite fille la plus peste de la France, du monde et de toute notre galaxie ! »
B) Vous lui dites que vous vous sentez triste, ou humilié, ou en colère, ou effondré… (Bonne réponse ! Exprimer ce que l’on ressent à nos enfants va susciter chez eux de l’empathie sans les culpabiliser puisque ça n’engage que votre ressenti.)
C) Vous vous apitoyez sur votre sort en lui disant qu’elle vous a brisé le cœur en trois mille morceaux et que vous n’êtes pas prêt à vous relever de sitôt.

8 Sacha refuse catégoriquement de faire son exo de maths.
A)
Vous le privez de sortie (pas d’bol, il avait une soirée pyjama prévue cette semaine !).
B) Vous faites son exo à sa place, de peur qu’il ait une mauvaise note (pas d’bol, vous avez oublié le théorème de Pythagore !).
C) Vous essayez de comprendre ce qui l’empêche de faire ses devoirs (un moustique lui tourne autour depuis 30 min ; il a une envie irrépressible de voir la saison 7 de Power Rangers ; il a une angoisse terrible d’échouer…), puis vous tentez de trouver avec lui des solutions et, si cela bloque encore, vous le laissez partir à l’école le lendemain sans les avoir faits. (Réponse correcte : identifier d’abord la cause du problème, chercher des solutions avec votre enfant pour faire avancer le Schmilblick et enfin le laisser expérimenter lui-même les conséquences de sa décision, à savoir, a priori, une mauvaise note !)

9 Liam, 6 ans, renverse toute son assiette par terre pendant le déjeuner.
A)
Vous lui demandez ce qu’il peut faire pour réparer sa bêtise. (Excellente réponse : cette question amènera Liam à se questionner et à trouver par lui-même des solutions. Et par la même occasion il apprendra qu’on peut toujours réparer ses erreurs. La palme !)
B)
Une bonne fessée lui fera comprendre qu’on ne jette pas les assiettes par terre.
C) Vous lui ordonnez de passer la serpillière dans toute la cuisine. Faut pas pousser !

10 Raphaël a cassé la cuvette des toilettes en claquant la lunette trop fort (c’est un enfant particulièrement costaud).
A)
Vous lui criez dessus en lui disant qu’il est irresponsable et que ça coûte hyper cher de la changer.
B) Vous l’inscrivez à un cours d’arts martiaux pour lui apprendre à maîtriser sa force.
C) Vous lui proposez de chercher une solution pour réparer son erreur : aller en racheter une avec un adulte et aider ce dernier à la changer, par exemple. (Bonne réponse : inviter votre enfant à réparer ses erreurs par ses propres moyens est un bel enseignement qui l’aidera à devenir un adulte responsable et créatif !)

11 Arthur s’est engagé à descendre les poubelles mais il ne le fait pas.
A)
Vous lui demandez de vous rappeler votre accord et faites un petit geste affectueux, puis, une fois les poubelles descendues, vous le remerciez d’avoir respecté son engagement. (Excellente réponse : ces étapes sont des astuces efficaces pour rester à la fois ferme et bienveillant et optimiser les chances pour que votre enfant coopère.)
B) Vous lui faites la morale en lui rappelant qu’on ne peut pas compter sur lui pour les tâches ménagères.
C)
Vous les descendez à sa place. Mais c’est bien la dernière fois ! (Ouais ! c’est ça, on vous croit…)

12 Ethan et Manon se « crêpent le chignon » à l’arrière de la voiture.
A)
Vous leur hurlez d’arrêter.
B) Vous vous arrêtez sur le bas-côté, sans un mot, et attendez qu’ils vous disent que vous pouvez redémarrer. (Réponse parfaite : vous décidez de ce que vous ferez et non de ce que vous ferez faire à vos enfants. Ça marche du tonnerre !)
C) Vous leur demandez qui a commencé la querelle et appuyez sur le bouton du siège éjectable du ou de la coupable.

 

À lire
Mêlant humour et informations sérieuses, la collection « Le Guide décapant des parents imparfaits », imaginée par Candice Kornberg-Anzel et malicieusement illustrée par la blogueuse et dessinatrice Camille Skrzynski***, propose divers modes d’emploi sans tabou aux parents en quête de conseils avisés. Dernier opus : « L’Éducation positive », dont sont tirés une partie de ces QCM. Pro et rigolo.
« L’Éducation positive », coll. « Le Guide décapant des parents imparfaits », d’Ève Aboucaya et Candice Kornberg-Anzel. Marabout, 7,90€.

 

* www.disciplinepositive.fr

** www.family-deal.com

*** camille-blogbd.com

 

L’éducation positive

Les dernières découvertes en neurosciences permettent de valider scientifiquement ce que nombre de psychothérapeutes, à l’image de Bowlby, Dolto, Gordon, Miller, Korczak ou encore Winnicott avaient pressenti : l’amour et la bienveillance sont essentiels pour le développement de nos enfants. Décryptage de ce que l’on appelle aujourd’hui la « parentalité positive ».

 

« Avec » plutôt que « contre »

Le Conseil de l’Europe, qui en fait la promotion, en donne cette définition : « La parentalité positive renvoie à un comportement parental qui respecte l’intérêt supérieur de l’enfant et ses droits, comme l’énonce la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant qui prend aussi en compte les besoins et les ressources des parents. Les parents qui agissent ainsi veillent au bien- être de l’enfant, favorisent son autonomie, le guident et le reconnaissent comme un individu à part entière. La parentalité positive n’est pas une parentalité permissive : elle fixe les limites dont l’enfant a besoin, de manière à l’aider à s’épanouir pleinement. La parentalité positive respecte les droits de l’enfant et favorise l’éducation dans un milieu non violent. »

 

Pour shématiser, la parantalité bienveillante (ou positive) repense le mode de relation entre parents et enfants. Elle substitue au schéma « dominant-dominé » (je suis l’adulte, tu es l’enfant donc tu m’obéis), une relation basée sur la bienveillance (je suis l’adulte, tu es l’enfant donc je vais t’aider à grandir).

 

Origines

La parentalité positive (ou bienveillante) trouve essentiellement ces sources dans la Communication Non Violente (CNV), élaborée par le psychologue Marshall B. Rosenberg dans les années 70. Cette approche, mondialement reconnue, et toujours d’actualité, propose une méthodologie simple pour communiquer sans violence, dans le but de transformer les conflits potentiels en dialogues paisibles, et de désamorcer les disputes.

 

Ces outils ont été notamment repris par plusieurs psychologues qui les ont appliqués aux relations parents-enfants et enrichis : les docteur Haïm Ginott (ce dernier ayant inspiré la « méthode » Faber et Mazlich) et Thomas Gordon. En France, de nombreux auteurs comme Catherine Gueguen, Isabelle Filliozat, Nathalie de Boisgrollier, Anne Bacus, ou encore Catherine Dumonteil Krémer, développent cette approche fondée sur le respect de l’enfant.

 

Fondements scientifiques
Pour la première fois, une approche éducative est validée de manière scientifique. Les recherches les plus récentes sur le cerveau de l’enfant montrent en effet qu’une éducation bienveillante, respectueuse et empathique permet au cerveau de se développer de manière optimale (voir notre article ci-avant pour plus de détails). Et, à l’inverse, que le stress, les violences verbales voir physiques peuvent modifier en profondeur un cerveau en construction en altérant les capacités cognitives (mémoire, apprentissage, réflexion) et affectives (relations, émotions).

 

Bonnes pratiques
La parentalité positive est avant tout une posture basée sur le respect profond que l’on a pour son enfant. En pratique, elle nécessite une nouvelle manière de communiquer et de poser les règles. Et cela demande de l’apprentissage ! Peu de parents aujourd’hui ont été élevés selon ces principes : la majorité d’entre nous reproduit ce que nos propres parents nous ont transmis.Voici quelques précieux conseils mais attention, ce ne sont pas des recettes miracles : changer soi-même prend du temps et faire grandir ses enfants également. Tout ne fonctionnera pas tout de suite, ni avec tous les enfants. Soyez indulgents envers vous même et persévérez !

 

  1. Communiquer différemment en distinguant l’enfant de ses actes, en formulant ses phrases positivement, en l’incitant à trouver des solutions par lui-même…
  2. Respecter l’enfant en accueillant ses émotions (sans les nier ni les juger), en faisant preuve d’empathie (évitez les étiquettes), en donnant du temps et de l’attention, en évitant menaces et punitions humiliantes et en cherchant plutôt des solutions « gagnants-gagnants » qui limitent les rapports de force…
  3. Poser un cadre clair en fixant les règles à l’avance, en les adaptant à l’âge de l’enfant et en maintenant le cadre tout en offrant une liberté d’expression et d’action.

 

Entrainez-vous avec Bubble !
Tout frais, tout nouveau, notre mook vous accompagnera au fil d’une année entière pour vous initier à la parentalité positive et vous proposer, au fil des saisons, des occasions de partage avec vos enfants ! Principes à mémoriser, exemples concrets, DIY, lectures, playlists, printables, sorties… Inspirant et passionnant !

« Titre » par la Bubble Team. Marabout, XXX .

 

Comment débuter ?

  • En lisant

Faber & Mazlich

* Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent

* Parents épanouis, enfants épanouis : cultivez le bonheur dans votre famille

* Frères et sœurs sans rivalité

Thomas Gordon

* Éduquer sans punir

* Parents efficaces

* Parents efficaces au quotidien

Jane Nelsen

* La discipline positive

Isabelle Filliozat

* J’ai tout essayé

* Il me cherche

Il ny a pas de parents parfait

* Au cœur des émotions de lenfant

 

  • En s’exerçant
    Les ateliers et formations à la parentalité positive se multiplient en France. Ateliers de Discipline Positive, ateliers Gordon, ateliers Faber et Mazlich, ateliers Filliozat, Atelier des Parents… de nombreux réseaux proposent des modules de 7 à 10 séances d’environ 3h, souvent en soirée, en présence d’un formateur et d’autres « parents-élèves ». Les avantages ? Se motiver, pouvoir échanger entre parents, faire des jeux de rôles pour se mettre à la place de l’enfant, poser des questions, et, accessoirement piquer quelques fous rires ! Vous trouverez le contact de formateurs sur les sites de ces organismes.

 

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